jeudi 13 mars 2014

Je hais les fougères (voilà, c'est dit)



On s’entend : de cette haine, Jicky, grand ancêtre hermaphrodite de la famille, est exclu.

En fait, ce n’est pas tant la fougère que j’abhorre que l’inévitable casquette dont on la coiffe, le di-hydro myrcénol, dit dé-ache-mol – comme on dirait Endémol. Molécule citronnée métallique, agressivement propre, récurante autant que récurrente dans la parfumerie masculine. Les parfumeurs l’apprécient pour sa fraîcheur. Pour moi : l’odeur même du blaireau polo-biscotos ou de son faux-jumeau bècebeige, le commercial en costard Célio dans le métro.

Réglage par défaut du masculin, thérapie hormonale de substitution de la virilité, souvent flanqué de cet équivalent olfactif de la chaussette dans le calcif qu’est le bois-qui-pique. Une gamme de molécules auxquels certains, dont moi, sont hyperosmiques. Dans ce cas, elles fourrent un cactus dans le museau. Plus moyen de sentir quoi que ce soit après ce viol nasal.

Pourquoi tant de haine pour la fougère dé-ache-mollisée ? Parce qu’au mieux, cette note sent le manque d’imagination (pas celle du parfumeur, évidemment, qui n’en peut mais ; celle du marché). Au pire, elle sent la peur. Celle de sentir le fauve, éventuellement. Celle de ne pas être pris pour un homme, surtout. Or, cette trouille qui participe autant du rejet de l’animalité que de l’angoisse sexuelle tendance Manif-pour-tous, ce conformisme masculin qui rabote les sillages et nie la sensualité, désolée, messieurs, mais c’est désolant… Vous ne savez pas ce que vous ratez en n'allant pas mettre le nez ailleurs.

11 commentaires:

  1. Ma chère Denyse,
    C'est la peur de l'odeur propre, la peur de l'odeur de l'intimité, c'est nier la vie, et non seulement la vie sexuelle, la vie "in extenso". Moi aussi je les déteste, je hais ces senteurs qui débutent d'une façon ou d'une autre mais qui deviennent masculines au point que je ne suis vraiment pas capable de les distinguer. Les parfums masculins qui se ressemblent tellement qu'il importe peu si on achète A, B ou C.
    Cordialement,
    Sara

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    1. Sara, c'est cela aussi qui est offensant: ce manque absolu de caractère de ce que j'appelle "la fougère de métro". Et en effet, il s'agit là d'une espèce de carapace... il aurait sans doute beaucoup à dire sur ce qui la rend si nécessaire à tant de gens.

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  2. Le Oud de Dominique Ropion m’a beaucoup charmé. L’animalité disparaît pour laisser un accord velouté, satiné mais avec une étonnante légèreté. Rien de lourd, ou d’épais. Ce parfum m’évoque les feuilles de patchouli fraîches (pas l’essence et encore moins l'absolue) mélangées à d’autres notes héspéridées, des bois synthétiques comme le képhalis. Un parfum très chic.

    La création de Nicolas Beaulieu est un tout autre univers. Ingénu, lumineux, discrètement sexy. Un Ylan Ylang naïf. Bravo pour l’image du pollen qui est très juste.

    Déroutante, la composition de Loc Dong est une merveille de créativité. Une étonnante pâtisserie légère aux couleurs fluos composée de crème de citron saupoudrée de curry ou un une sorte de caramel au coca cola... Etrangement sexy et sacrément intéressant.

    Bravo à tous ces créateurs et merci pour cette belle découverte.

    Pour le di-hydro myrcénol, tout est dit. C'est aussi ma bête noire. Je pense qu'il s'agit d'accrocher le client dés les première secondes. Personnellement, je décroche

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    1. Merci pour ce retour, Romuald -- je suis ravie que les fioles vous soient parvenues intactes, et que leur contenu vous ait plu!

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  3. Bonjour Denyse,

    je pense (et je crois que c'est pire) qu'au delà de porter une fougère pour se fondre dans les codes de la virilité, je crois surtout que les gens sont tellement habitués à sentir du dhmol et des bois ambrés, au rayon homme, que si un parfum n'en contient pas, ça les déroute trop, ils ne le sentent pas. C'est comme les jeunes filles d'aujourd'hui avec les fruits et le caramel. Ce que je veux dire c'est que ces notes sont devenues leur répertoire olfactif, leurs repères, ce que doit sentir un parfum, en somme. Là où avant, on connaissait l'odeur d'une rose dans un jardin, d'un muguet ou du jasmin, maintenant les gens connaissent l'odeur du bonbon haribo pour les filles, et cette note de propre (qui pour moi sent le CIF) qui correspond à ce que doit sentir un parfum pour homme, avec un fond de bois ambré pour l'effet sillage surpuissant. Personnellement je trouve ça triste. Mais bon.

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    1. Je suis d'accord. Quand je fais sentir les classiques à mes étudiants de 19/20 ans, tous ne sont pas déroutés (quelques-uns sont même séduits), mais plusieurs sont rebutés. Je leur dis "votre goût est formaté par le marché", c'est déjà un début de prise de conscience, j'espère!

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  4. Bonsoir Denyse,

    ah quel soulagement que cet épanchement ! Moi aussi. Je n'ai jamais compris l'attrait de l'accord Fougère qui sent le parfum-pour-homme qui nous fait rêver de sentir la peau de cet homme en question, délivrée de son parfum. C'est ce qui a fait pendant longtemps que j'étais incapable de différentier un parfum masculin d'un autre, à part quelques exceptions. Jusqu'à ce que la mode en soit passée et laisse découvrir d'autres horizons. Ouf ! Mais dites moi, pour en être soudain si passionnément opposée, est-ce que ce serait parce qu'elle est toujours bien virulente et qu'il faut continuer de la combattre ? Je la croyais moi en voie d'extinction. Je me trompais ?

    Hélène

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    1. Bonsoir Hélène. Moi, je la sens encore plusieurs fois par jour, cette fougère de métro! Je n'ai pas l'impression qu'elle soit passée de mode...

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  5. Je vous lis depuis un petit moment car j'ai découvert votre blog en sentant Séville à l'Aube de L'Artisan.
    C'est toujours un moment de plaisir et je dirai même utile car vous êtes vraiment renseignée, par exemple pour votre article sur les nouvelles restrictions IFRA (et ça peut être utile pour un certain concours..)
    Je n'ai jamais commenter vos articles mais c'est enfin chose révolue, car je ne pourrai être plus d'accord avec vous ! Quelle tristesse que ces parfum "oulalala attention absolument masculins" ne résultent d'aucune prise de risque et se ressemblent tous autant !
    Bon sur ce, je retourne sentir mon parfum classique, un des rares masculins fleuri/blanc presque poudré mais quand même métallique : fahrenheit 32 de Dior !

    Bonne continuation,
    Mathieu.

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    1. Mathieu, ravie que mon parfum vous ait conduit ici, et surtout, ravie que vous ayez franchi le pas du commentaire! En effet, la gamme des Fahrenheit fait exception dans ce concert de conformisme...

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