mardi 22 mai 2012

La Fragrance Foundation France réunit certains des plus grands nez du monde



La photo de famille organisée par la Fragrance Foundation France pour célébrer son 20ème anniversaire a réuni ce matin certains des plus grands parfumeurs de la planète, tous lauréats d’un prix du meilleur parfum. Prendre un café avec Annick Menardo, partager les premières cerises de l’année avec Dominique Ropion, échanger des potins de Cabris avec Jacques Cavallier et regarder Maurice Roucel câliner le chat tigré très manifestement patron des lieux… On ne s’en remettra pas de si tôt.

Du dernier rang en descendant, de gauche à droite :
Aurélien Guichard (Givaudan), Michel Girard (Givaudan), Olivier Polge (IFF)
Annick Menardo (Firmenich), Michel Almairac (Robertet)
Jacques Cavallier-Belletrud (Louis Vuitton), Jacques Huclier (Givaudan)
Christine Nagel (Mane), Maurice Roucel (Symrise), Dominique Ropion (IFF)
Jérôme Faillant Dumas (Agence L.O.V.E.), Alberto Morillas (Firmenich), Sophie Labbé (IFF), Pierre Dinand (designer), Daniela Andrier (Givaudan), Sylvie de France (designer)

Cette année, dix prix seront décernés par un collège de 800 professionnels délégués par les sociétés membres de la Fragrance Foundation France. Le Prix des Experts sera remis à un produit vendu dans moins de 100 points de vente, par un jury composé de journalistes, d’évaluateurs et d’auteurs de blog, où votre servante a l’honneur de siéger depuis sa création il y a trois ans.
Le public est également appelé à voter par internet pour élire son coup de cœur féminin et masculin parmi les 15 meilleures ventes de 2011 (pour ce faire, cliquez ici).

La Fragrance Foundation France remettra également un prix spécial au meilleur féminin et au meilleur masculin des 20 dernières années, sélectionné dans la liste des lauréats ayant remporté le prix depuis sa création :

Lauréats du prix du meilleur féminin, 1993 à 2011
1993  L’Eau d’Issey (Issey Miyaké)
1994  Classique (Jean-Paul Gaultier)
1995  Tocade (Rochas)
1996  Dolce Vita (Dior)
1997  Organza (Givenchy)
1998  Lolita Lempicka (L. Lempicka)
1999  Noa (Cacharel)
2000  J’adore (Dior)
2001  Flower (Kenzo)
2002  Coco Mademoiselle (Chanel)
2003  Gucci edp (Gucci)
2004  L’Instant (Guerlain)
2005  For Her (Narciso Rodriguez)
2006  Alien (Thierry Mugler)
2007  Nina (Nina Ricci)
2008  Infusion d’iris (Prada)
2009  Chloé (Parfums Chloé)
2010  Ricci-Ricci (Nina Ricci)
2011  Belle d’Opium (YSL)

Lauréat du prix du meilleur masculin, 1993 à 2011
 1993 Minotaure (Paloma Picasso)
1994 XS pour Homme (Paco Rabanne)
1995 L’Eau d’Issey pour Homme (Miyaké)
1996 Le Mâle (Jean-Paul Gaultier)
1997 A*Men (Thierry Mugler)
1998 Jaipur (Boucheron)
1999 Pi (Givenchy)
2000 Allure pour Homme (Chanel)
2001 Lolita Lempicka au masculin
2002 Higher (Dior)
2003 M7 (YSL)
2004 Gucci pour Homme (Gucci)
2005 L’Instant pour Homme (Guerlain)
2006 Dior Homme (Dior)
2007 Terre d’Hermès (Hermès)
2008 Fleur du Mâle (Jean-Paul Gaultier)
2009 1 Million (Paco Rabanne)
2010 Jamais le Dimanche (Ego Facto)
2011 Bleu (Chanel)


Et vous, lequel éliriez-vous meilleur parfum des 20 dernières années dans cette liste ?

Rendez-vous le 26 juin pour l’annonce des lauréats, lors de la soirée de gala de la Fragrance Foundation France salle Pleyel.


La photo est prise sur mon iPhone, et sera remplacée par un portrait de groupe professionnel dès qu'on me le fera parvenir.

lundi 21 mai 2012

2012, the year of the perfume book


Lovely surprise this weekend: Denise Hamilton, the fragrance reviewer and novelist, sent me a link to her article "'The Perfume Lover,' 'Scent of Triumph' tell heady tales".This reminded me I had a draft for a post on the same topic, which I’d left aside since I haven’t actually read any of the books mentioned. Still, a few observations seemed relevant, so here is it, as a companion piece to Denise’s excellent article.

This is shaping up as the year of the perfume book. What’s interesting is that the nature of the genre has shifted from the practical (guides) and straight-up non-fiction (history, popular science, journalism) to narratives.

Two of these books are memoirs: mine and Alyssa Harad’s Coming to My Senses: A Story of Perfume,Pleasure and an Unlikely Bride (out in July). One is a historical romance: Jan Moran’s Scent of Triumph. Two more are mysteries: Denise Hamilton’s Damage Control and M.J. Rose’s The Book of Lost Fragrances. In this spate of perfume-driven narratives only one was written by a man and could be classified as “general fiction”: Keith Scribner’s The Oregon Experiment.

One of the reasons for this shift may be, at least as far as the two non-fiction books are concerned, that publishers are wary of the subject. Apparently, perfume books don’t sell very well: even Tilar Mazzeo’s The Secret of Chanel N°5 did disappointingly despite its focus on the world’s bestselling juice.

It was only a matter of time before perfume seeped out from straight non-fiction into more diverse literary genres: this diversity is embedded into the various writing strategies of reviewers. The blog and niche brand explosion has increased tremendously knowledge and awareness of the subject over the past seven years. Today, there is more language available to write about perfume than ever.         

That many of the books featuring perfume, perfumers or perfumistas would belong to the crime novel genre isn’t overly surprising. After all, the sole best-seller about perfume is Patrick Süskind’s novel, which is basically a serial killer story crossed with a philosophical tale.  But there’s more to it than that. Perfume and death have been on intimate terms for millennia, and not only because each drop is a killing field of flowers. One of its most ancient uses was embalmment. In fact, the first perfume-related character featured in a blockbuster book is Mary Magdalene, who comes to the sepulcher with myrrh and spices to embalm Jesus.

Perfume also carries a whiff of death because it can bring back the past; conjure the presence of the absent. It can work as a clue in a story [i] , but it is also in and of itself an enigma to decipher and therefore, a powerful vehicle for mystery fiction because of its elusive, hard-to-put-into-words nature. Think of it this way: fragrance writing requires a detective’s powers of observation, deduction and pattern-finding. To review a scent, you’ve got to reverse-engineer its plot a la Agatha Christie.

Narrative is inbuilt in the very nature of perfume. Because this is what people do when they appropriate a fragrance: they weave its story into their own. More than any other work of art, it is intensely intimate and therefore powerfully emotional, since it literally becomes part of you: on your skin – the last barrier between self and non-self –, but also inside your body since each time you breathe it in you absorb it. We may devour novels or dive into paintings, but we don’t chemically absorb them. We’re dealing with an aspect of magic here. And magical thinking, as a form of narrative, is at least as old as the first tear of incense burned in the first fire.

Illustration: Want further proof that the perfume and publishing industries are somehow converging? Steidl is putting out a New Book fragrance composed by Geza Schoen



[i] The perfumer Céline Ellena played on this in the serialised crime novel she wrote for her blog Chroniques Olfactives (in French).

2012, année du livre-parfum... en anglais


Ce weekend, j'ai été heureusement surprise de découvrir dans le Los Angeles Times un article consacré aux livres sur le parfum, par Denise Hamilton, romancière et critique de parfum du  L.A. Times, où The Perfume Lover figure en bonne place. J'ai donc tiré de mes dossiers les quelques notes que j'avais commencé à rédiger sur la question, que voici.

Dans le monde anglo-saxon, 2012 sera l’année du livre-parfum. Mais contrairement à la France qui reste dans le registre classique de l’histoire, par exemple la somme monumentale d'Élisabeth de Feydeay, ou des beaux livres – l’exception étant le Journal d’un parfumeur de Jean-Claude Ellena – les anglophones sont plutôt passés au narratif, voire à la fiction.

Mon propre livre relève d’un genre hybride, mêlant les mémoires, la chronique de la création de Séville à l’aube à des passages historiques, des essais et des rencontres. Celui d’Alyssa Harad du blog Now Smell This, Coming to My Senses:A Story of Perfume, Pleasure and an Unlikely Bride (à paraître en juillet), se rapproche d’un récit comme Mange, Prie, Aime d’Elizabeth Gilbert: l’histoire d’une femme transformée par le parfum.

Les autres livres-parfums anglophones sont des romans de genre : une fresque historico-romantique de Jan Moran, Scent of Triumph, and deux romans policiers[i], Damage Control de Denise Hamilton et The Book of Lost Fragrances de M.J. Rose (ce dernier accompagné d’un parfum). En fait, le seul livre de cette nouvelle vague à relever de la littérature générale a été rédigé par un homme, Keith Scribner, avec The Oregon Experiment, dont l’un des personnages principaux est une créatrice de parfums.

Ce n’était qu’une question de temps avant que le parfum s’infiltre dans les genres littéraires les plus divers : cette diversité est était en quelque sorte programmée par les stratégies d’écritures variées auxquelles les critiques de parfum ont recours. L’explosion des blogs et des marques de niche a énormément contribué à faire parler du parfum, à diffuser les connaissances, à créer un langage.

Quant au fait que plusieurs des livres où figurent des personnages de parfumeurs ou d’amateurs de parfums soient des polars, il n’a rien au fond de très étonnant (voir note ci-dessous). Après tout, le seul et unique best-seller sur le thème est le livre de Patrick Süskind, qui est, quand tout est dit, surtout une histoire de serial killer. Il est vrai que le parfum est intimement lié à la mort depuis des millénaires, et pas seulement parce que chaque goutte est un cimetière de fleurs. L’un de ses usages les plus antiques est l’embaumement. Et le premier personnage lié au parfum à figurer dans un best-seller est celui de Marie Madeleine, qui porte des aromates au Saint Sépulcre pour embaumer Jésus.

Le parfum charrie aussi la mort dans son sillage par son aptitude à ressusciter le passé ; à évoquer la présence de l’absent. Il peut donc faire fonction d’indice dans un récit, mais également lui-même représenter une énigme à élucider à cause de la difficulté qu’il y a à le traduire en mots. Écrire sur le parfum exige en effet des capacités d’observation et de déduction dignes d’un détective : percer une part de son mystère, c’est reconstituer son histoire à l’envers à la Agatha Christie.

La narration est également inscrite dans la nature même du parfum. Que fait-on, en somme, lorsqu’on s’approprie un parfum ? On tisse son histoire dans la nôtre. Comme le faisait récemment remarquer Octavian Coifan, plus que n’importe-quelle œuvre de l’esprit, il se lie intimement à nous car non seulement s’imprègne-t-il dans notre peau, cette dernière barrière entre le moi et le non-moi, mais il s’infiltre en nous puisque chaque fois que nous le respirons, nous en incorporons quelques molécules… Nous avons beau dévorer un roman ou plonger dans un tableau, ils ne feront jamais chimiquement partie de nous. Nous entrons ici dans le domaine de la magie. Et la pensée magique a toujours relevé du faire-sens, du faire-récit, remonte à aussi loin que la première larme d’encens brûlée dans le premier brasier par nos lointains ancêtres.

Illustration : Et s’il fallait encore une preuve que les mondes de l’édition et du parfum convergent, Steidl sort un jus qui sent le livre neuf, New Book, composé par Geza Schoen.



[i] Rappelons qu’en France, Céline Ellena a rédigé plusieurs épisodes d’un polar olfactif dans son blog ChroniquesOlfactives, et qu’Ingrid Astier s’est inspirée de Jean-Michel Duriez pour créer l’un des personnages de son Quaides Enfers.

mercredi 16 mai 2012

Lettre à Alber à propos de Jeanne...



Cher Alber,

Je ne m’attends pas à ce que vous vous en rappeliez, mais à l’époque où je pouvais m’offrir du Yves Saint Laurent, nous nous sommes croisés devant la boutique de la rue du Faubourg Saint-Honoré. Vous étiez en train de faire la vitrine. Je vous ai dit à quel point je me sentais belle, forte et invincible dans vos créations. Vous m’avez expliqué le principe de votre collection. Vous m’avez claqué deux bises en me serrant dans vos bras quand nous nous sommes quittés.
Je vous ai suivi chez Lanvin, et bien que la plupart de mes pièces aient maintenant plus de six ou sept ans, ce sont encore celles que je préfère lorsque je veux me sentir élégante sans avoir l’air d’y toucher. Vos vêtements ont de la dignité. Ils respectent les femmes, leurs corps, leurs vies. Je songe à l’instant à ce que la femme qui a été le bras droit d’Yves Saint Laurent pendant toute sa carrière m’a dit un jour : « Yves ne mettrait jamais une femme en danger. »

Je sais bien qu’on ne demande pas forcément aux créateurs de se mettre le nez dans les parfums qui portent le nom de leur griffe. Mais tout de même, Domitille Bertier qui a composé Jeanne Couture m’a dit que les jus étaient soumis à votre approbation. Et je sais bien que le rôle d’une licence parfum, c’est avant tout de maintenir à flot la trésorerie d’une marque. Mais je me demande pourquoi ceux de Lanvin sont à ce point décollés de votre style. Certes, l’étiquette est un joli ruban en gros-grain ; le même gros-grain aubergine est noué autour du col comme pour rappeler votre nœud papillon. Jeanne Couture est tout à fait charmante et ne me donne pas l’impression d’être plongée dans une cuve de sirop de fruits rouges. Et cependant… écoutez, je raffole de l’odeur des framboises avec son petit côté vert et ses facettes violette ; je la hume toujours avant de plonger la cuiller dans un bol.

Il n'en reste pas moins que si la framboise peut être "juicy", elle n’est pas, et ne sera jamais "couture". Une prune? Ça roule. Une pêche aussi, et sans se décoiffer un poil du duvet. J’ai même vu jadis un ananas coiffer un Patou. La cerise, à la rigueur, peut faire état de sa parenté avec l’amande et la réglisse. Mais la framboise? Domitille Bertier a beau l’avoir juchée sur des talons aiguille de cèdre, et glissé une merveilleuse absolue de magnolia de Monique Rémy dans son sac en satin, la petite en est encore à faire claquer son chewing-gum dans son smartphone, tout en vacillant sur ses compensés.

Alber, le logo de Lanvin, c’est bien une mère et sa fille, non ? Jeanne Lanvin a fait créer le chef d’œuvre qu’est Arpège pour la sienne, Blanche de Polignac. Mais est-il absolument obligatoire de consacrer tous les parfums de la marque aux filles, même si semble-t-il ce sont elles qui ont le plus de petits sous à claquer sur les produits de beauté ? Et si vous glissiez à Inter Parfums, qui détient la licence Lanvin, qu’il serait temps de penser un peu aux mères ? C’est-à-dire aux femmes qui s’habillent chez vous ou qui rêveraient de le faire ?





Dear Alber: We've got to talk about Jeanne



Dear Alber,

You can’t possibly remember, but back when I could afford Yves Saint Laurent and you were designing, I bumped into you in front of the rue du Faubourg Saint-Honoré boutique. You were arranging the window, and started explaining to me why you were bringing back the suit jacket. I told you how beautiful and strong your clothes made me feel. We parted with a hug. Somehow I couldn’t have seen this happening with your successor. I followed you to Lanvin, and though most of the pieces I bought are now over six or seven years old, they’re still the ones I pull out when I want to feel impeccably elegant without looking as though I’d tried too hard. Your designs have dignity – in fact, they remind me of what Yves Saint Laurent’s right hand, Mme M., once told me: “Yves would never put a woman in danger”.

I know designers aren’t asked much for their opinion on the scents the brand that employs them put out. But I was told by Domitille Bertier, who composed Jeanne Couture, that you did have approval on them. And I know that fragrances are intended primarily to make money for a brand. But I’m wondering why there is such a disconnection between the scents and your designs. Yes, the label is your trademark grosgrain, and there’s a pretty purple grosgrain bowtie on the bottle. Jeanne Couture is charming and it doesn’t feel like I’ve been dunked in a vat of syrup, but… though I utterly adore the smell of raspberries in a bowl, that fruit can be juicy, but never couture.

A plum can pull it off. So can a peach, without mussing a hair. In a pinch, I’ve even seen pineapple crown a Patou chypre. A cherry might play on its kinship with almond and licorice…But not the merry berry... Granted, Domitille Bertier hoisted that girly on cedar stilettos, and tucked some of that wonderful Monique Rémy magnolia absolute in her clutch. But she’s still popping bubblegum into her smartphone, and wobbling on her platform shoes.

Alber, Lanvin’s logo is a mother and daughter. Jeanne Lanvin had Arpège created for her beloved pianist daughter Blanche de Polignac. Does it ensue that every single fragrance the house now launches is made for girls, even though they're the ones who can afford to spend the most money on fragrance? How about whispering to Inter Parfums who own the Lanvin fragrance license that it’s time to think of their mothers? The women you actually dress or who’d love to be dressed by you?


lundi 14 mai 2012

The Perfume Lover presentation in Soho House, London, with Katie Puckrik



Last Tuesday I was invited to London to present The Perfume Lover at Soho House, a club for members of the media, creative and entertainment industries. The TV presenter, performer and perfume reviewer extraordinaire (as well as all-round lovely person) Katie Puckrik is a member there, she’s been based in London for the past weeks, she loved the book and the scent, so she whipped up the event and found an interesting angle: how our choice of fragrances not only reflects our personalities, but can also be a projection, an anticipation of the personas we dream of becoming.

This is a major thread of The Perfume Lover: how to interpret a life through successive fragrances. The way their stories weave themselves into yours, and the way they can influence who you become. Katie and I had picked milestones that clearly resonated with the audience: Yves Saint Laurent Rive Gauche, the first drop of perfume to touch my skin; Jean Desprez Bal à Versailles, my mom’s secret fragrance; Habanita, the perfume that turned me into “Carmen, la del Canada”; Carnal Flower, because tuberose was the olfactory emblem of one of the greatest loves of my life…

We also smelled raw materials: indolene (a Schiff base of indole and hydroxycitronellal) to speak about skank, galaxolide when musk came up, orange blossom absolute which triggered the memory of Seville I told Bertrand Duchaufour. And then, as we discussed my involvement in the development of Séville à l’aube, I pulled out three of the 130 mods, most of which I’ve kept (N°3, N°63 and N°123) so that the audience could get a rare insight on how a composition evolves.

Katie was, of course, a well-prepared, consummately professional interviewer, and putting myself into her able hands made the evening an effortless, enjoyable, lively moment, with lots of interaction and relaxed banter.

My thanks to Katie then, but also to Vanessa of Soho House for organizing the event and to my friend Silvia who agreed to be my blotter minion – I’ve never seen anyone do such elegant blotter fans to dip or spray them before passing them around!

While I’m at it, I’d also like to recommend the Dean Street Townhouse, which is Soho House’s London Hotel (and, no, this isn’t a plug because I got a freebie, I did pay for the night): the staff is lovely and friendly, the rooms overflowing with amenities (full-power blow-drier, flat iron, full bottles of Cowshed grooming products, and delicious ginger cookies). The pillows are as soft as if they’d been filled with down plucked from a prepubescent swan’s butt.  In fact, the rooms are so pleasant that lounging listening to Chet Baker from the iPhone dock, I didn’t even feel like poking my nose outside…

My only regret is that this was an event for Soho House members only. I hope to be coming back to London to do a couple of events when Séville à l’aube comes out. No dates are set yet, but for those of you who are in the UK, please feel free to pester your local L’Artisan Parfumeur counter for more information!

dimanche 13 mai 2012

Événement The Perfume Lover à Londres avec Katie Puckrik



Mardi 8 mai dernier j’ai été invitée à Londres pour présenter The Perfume Lover à Soho House, un club pour les membres des médias et de l’industrie du spectacle. Ma copine Katie Puckrik, journaliste et animatrice télé que vous connaîtrez sans doute pour ses son blog Katie Puckrik Smells et ses critiques de parfum sur YouTube, est membre de ce club, et comme elle a adoré le livre et le parfum, elle a organisé cette petite soirée autour d’un angle intéressant : comment notre choix de parfums ne fait pas que refléter notre personnalité, mais peut aussi être une projection, une anticipation de celui ou celle que nous deviendrons, ou rêvons de devenir.

Il s’agit là de l’un des fils narratifs de The Perfume Lover : interpréter une vie à travers les parfums qui l’ont jalonnée. Explorer la façon dont leurs histoires se tissent dans la nôtre, dont ils peuvent nous transformer. Katie et moi avions donc choisi quelques jus qui ont joué un grand rôle dans ma vie – et manifestement, dans celle de quelques-uns des membres du public à en juger par leurs réactions. Rive Gauche d’Yves Saint Laurent, le premier parfum qui ait touché ma peau ; Bal à Versailles de Jean Desprez, le parfum « secret » de ma mère ; Habanita, qui m’a transformée en « Carmen, la del Canada » ; Carnal Flower, parce que la tubéreuse a été l’emblème olfactif de l’une de mes plus grands histoires d’amour…

J’ai également pu faire découvrir au public quelques matières premières comme la Galaxolide (lorsque nous avons parlé du musc), l’indolène (base Schiff résultant d’une réaction entre l’indole et l’hydroxycitronellal, quand nous avons parlé des fleurs blanches), ainsi que l’absolue de fleur d’oranger qui a été le point de départ de Séville à l’aube. Enfin, pendant que nous discutions de mon rôle dans le développement du parfum de Bertrand Duchaufour, j’ai fait distribuer des mouillettes de trois des mods-clés du produit (les numéros 3, 63 et 123) afin de faire comprendre comme une forme olfactive évolue.

Katie a été une intervieweuse de rêve, bien préparée, vive et drôle ; mon amie Silvia a joué les assistantes de magicien en trempant et en distribuant les mouillettes ; le public a été réceptif, enthousiaste et j’ai pu signer des tonnes de bouquins.

Je recommande en passant l’hôtel rattaché à Soho House, le Dean Street Townhouse (et, non, je n’y ai pas dormi à l’œil) : personnel adorable, une chambre débordante de petites attentions (dont un fer à défriser, des cookies au gingembre et d’énormes flacons de produits de soin Cowshed), ainsi que des oreillers qu’on aurait dit bourrés de duvet arrachés au cul d’un cygne pré-pubère… De quoi enlever l’envie de mettre le nez dehors !