mercredi 26 janvier 2011

Jeux de Peau de Serge Lutens : Le petit-déjeuner des vanités (et un tirage au sort)



Seul indice livré par M. Lutens au sujet des notes de son nouveau Jeux de Peau : le pain qu’on l’envoyait chercher à la boulangerie de quartier lorsqu’il était petit. Cet indice, j’ai longuement cligné du nez pour le retrouver dans le parfum… Il y était, mais pas tout à fait sous la forme que j’attendais.
Évidemment, ce teasing fait partie des jeux auxquels M. Lutens aime se livrer avec son public. Ne proclame-t-il pas que Jean Genet, qui a fait de la trahison une forme d’art érotique, est son écrivain de prédilection ? Jeux de Peau, jeux de mots. Olfactifs, aussi bien.

Mais l’énigme du pain recèle bien un grain de vérité. Dans un corpus entièrement suscité par la personne, les goûts et l’histoire d’un seul homme – démarche pionnière et sans doute encore unique en son genre dans l’industrie du parfum – le fil rouge de Marrakech n’est que l’un des motifs narratifs. Ces derniers temps, c’est plutôt sur d’autres fils que tire M. Lutens. Le monde de la haute couture auquel il a été initié au début des années 60 lorsqu’il est venu à Paris pour travailler chez Vogue en est un (Fourreau Noir, Serge Noire, Bas de Soie...). Mais celui de l’enfance, auxquels les textes liés au lancement de Chypre Rouge et de Louve faisaient allusion, émerge de plus en plus de la trame. 

M. Lutens est à la fois un petit garçon malicieux et une vieille âme, cela se voit dès qu’on le rencontre. Son retour vers les années antérieures à Marrakech confirme la nature essentiellement littéraire de sa démarche. Comme le font souvent les écrivains, il creuse plus profondément le passé au fil des ans ; cette archéologie de l’intime le conduit à brasser les notes de sa palette olfactive orientale pour les voir autrement, dans une perspective différente. Bien qu’il ne soit pas exclu – et M. Lutens lui-même l’évoque parfois – que cette première rencontre avec les odeurs du Sud remonte à cette enfance lilloise ; que Marrakech n’ait fait que les raviver en lui.

Le travail sur Jeux de Peau a-t-il été suscité par l’histoire du petit garçon qui avait deviné que le sourire commercial de la boulangère dissimulait le rictus d’une tête de mort ? (J’ai toujours été frappée par la qualité grinçante du « Bonjour messieurs-dames » des boulangères).
Ou les effets grillés du nouveau parfum sont-ils dérivés de l’étude des effets caramélisés/brûlés de Boxeuses ? Jeux de Peau y est apparenté, en plus sec.

Quant à la note boulangère, ce n’est pas tout à fait celle du pain sortant du four, à moins que le boulanger ne se soit assoupi en oubliant sa fournée. C’est du pain grillé. D’ailleurs, bien que cela ne me serait sans doute pas venu à l’esprit sans cette histoire de boulangerie, c’est toute la table du petit déjeuner qui semble dressée chez les Lutens : le pain grillé, le beurre, la confiture d’abricot et les arômes mêlés du chocolat, du café et du lait. Réminiscence des natures mortes flamandes ?
Les notes grillées/brûlées s’envolent dès que s’est dissipée une ouverture verte, anis/céleri, qui fait penser à tort que Jeux de Peau sera une variation sur Chypre Rouge, retiré de la collection « rectangulaire » et désormais intégré à celle du Palais-Royal. Le duo classique violette-santal émerge, ce dernier jouant sur le fumé, le lacté et le beurré à la fois. Une touche de réglisse prend le relai des notes anisées tout en accentuant l’effet brûlé.

À ce stade, le parfum a quelque chose de liquoreux dont les relents café/chocolat ne sont pas sans rappeler un peu l’A*men de Thierry Mugler (on songe alors qu’Angel était aussi un souvenir d’enfance). Sans doute l’immortelle, qui vient encore renforcer la note caramélisée.
Le pain ? Une lichette d’odeur farineuse, l’aigreur de la levure, mais là encore, sans le mode d’emploi, pas sûr qu’on les décèlerait… 

L’abricot, en revanche, éclate de façon presque gustative : pas sec, pas frais non plus. Confiture. C’est l’osmanthus, autre note tirée du répertoire (en l’occurrence Nuit de Cellophane), qui relaie les ionones et fait le pont, via ses effets cuirés, avec les effets brûlés un peu goudronnés, adoucis de notes lactées – entre l’abricot et le laiteux, voilà le jeu de peau… À moins que la peau en question ne soit celle que la boulangère retire pour révéler son rictus comme dans une vanité flamande ? 

C’est sur les notes de fond que Jeux de Peau se joue du nez… Du moins du mien. Parfois, c’est un accord floral jasmin rose qui monte de ma peau ; parfois, une base ambrée boisée où crépitent des notes minérales métalliques tendant presque vers l’ozonique. La note grillée persiste jusqu’à la fin, asséchant par ses effets d’encens la douceur violette/abricot/lactones et la suavité du santal…
Malgré son nom et son concept enjoués, Jeux de Peau est un parfum assez grave, comme l’est d’ailleurs l’enfance – l’enfant lillois aux yeux sombres a dû être aussi solennel, d’ailleurs, qu’il était rêveur…

Et vous, comment vous imaginez-vous M. Lutens enfant ? Racontez-moi, et je tirerai au sort un échantillon de 2 ml de Jeux de Peau parmi les réponses…

Le tirage au sort est désormais clôturé, je posterai le gagnant mercredi... Merci de votre participation.


Illustration: Tableau d'Antoine van Dyck

40 commentaires:

  1. Votre texte est superbe, il est au-delà des descriptions et impressions, il fait bien plus que renseigner sur ce nouveau parfum : délicatement, par touches il l'esquisse pour juste nous éveiller à lui et créer le désir.
    Merci.
    alizarine

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  2. Monsieur Lutens enfant, c'est forcément un petit garçon qui a une poupée ou au moins un ours, qu'il peut coiffer et maquiller. C'est un petit garçon plutôt solitaire, contemplatif, sage, rêveur et plein de fantaisie poétique, sensible aux couleurs, aux sons et aux parfums. J'ai l'impression en même temps de me décrire... J'attends avec impatience Jeux de peau. Il me rappelle quelques notes du défunt Feu d'Issey, le côté lacté sucré, mais aussi ce mélange de fleurs et d'épices qui grésillent.

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  3. Rebecca, j'imagine que ton portrait tombe juste! Quant au Feu d'Issey, je n'en ai qu'un échantillon complètement viré, il faudra bien que je le sente un jour!

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  4. Serge Lutens, enfant ? Mon dieu, que c'est difficile... Enfin, voilà j'écris ce qui me vient !

    Oh je le vois par exemple à 7-8 ans, un enfant à la chevelure épaisse et sombre et au teint mat, plutôt petit pour son âge, de ce fait au premier regard on pourrait le croire bien plus jeune encore... Si on l'approche,lui parle, c'est une impression inverse qui vient, dans son regard noir il y a toute la sagesse du monde et sa voix, à la fois son timbre et son élocution, montre une personnalité déjà mûre et réfléchie.
    C'est un petit garçon du Nord, d'un quartier modeste, né au coeur de la guerre, mais pas un poulbot au regard rieur et aux joues rebondies ni un gamin-gavroche gouailleur à l'oeil coquin , plutôt tout l'inverse. Quelqu'un qui avance déjà dans la vie avec une conscience de ce qu'il est, une vision de ce qu'il veut aussi peut-être. Oui il y a une sorte de noblesse chez ce petit bonhomme.
    Et puis je le vois s'accroupir, puis les genoux nus sur les pavés scruter un petit caillou et enfin ramasser un éclat de bois qui brillait. Il rêve encore un peu sous un arbre mouillé d'une dernière averse et reste là encore un peu, le nez au vent... puis repart, doucement... Au coin de la rue, l'odeur de boulangerie lui rappelle la course dont on l'avait chargé et il s'élance comme l'éclair.
    Disparu.

    alizarine.

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  5. Je sens déjà en vous lisant...
    Serge est peut-être un petit garçon gracieux, poli, reservé, silencieux, observateur mais déjà dans son univers personnel, éloigné, à part. Il dit se moquer des autres enfants, et en même temps ne rêve que de les séduire, sans doute ?...
    Peut être que je pourrai enfin sentir ce Jeu de peaux/de mots grâce à vous ? qui sait !?

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  6. Alizarine, ce petit garçon-là, comment ne pas l'aimer et en même temps, respecter l'autre qu'il est?

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  7. Jeanne, je ne sais pas si Serge Lutens était enfant unique, mais ce que vous décrivez, c'est tout à fait ce mélange de solitude acceptée, revendiquée même, mêlée de désir d'être aimé, qu'ont les enfants grandis sans frère ni soeur...

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  8. Enfant il devait être fasciné par sa mère qui sûrement était une coquette, il devait l'épier pendant qu'elle se maquillait et enfilait ses bas de soie... il était sûrement très poli et très bien éduqué, mais déjà conscient de sa différence et plein de rêves, sachant que c'est avec talent et savoir-vivre qu'il serait le plus libre d'être lui-même... Car souvent les gens différents sont agressifs, rejettent les autres qui les regardent de travers depuis l'enfance; et il y a ceux, comme SL, qui savent mettre le monde à leurs pieds. Ça m'a frappée, dans l'interview radio de SL, quand il disait que l'extrême politesse de certaines clientes du salon où il a travaillé ado cachait encore plus de mépris que celles qui l'ignoraient carrément, c'est tellement vrai...

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  9. Clochette, je ne sais plus au juste où j'ai lu une interview de M. Lutens où il relatait ses souvenirs de l'époque où travaillait dans un salon de coiffure, du jour où il a créé la coupe au carré qui allait lancer sa carrière sur une jeune fille aussi apeurée que lui... Je songe aussi au vouvoiement qui peut exprimer le respect d'un rapport qui pour être commercial, n'en exclut pas moins la sympathie, mais qui peut aussi traduire une distance infranchissable. Enfin, à cette intimité incroyable qui consiste à confier ses cheveux -- dont son identité, une extension de soi... Le rapport qui se tisse entre le coiffeur et sa cliente est très complexe!

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  10. Bonjour Denyse,

    Comme Rebecca, j'ai tout de suite pensé au Feu en sentant Jdp, surtout le côté grillé-santal, mais en moins instable, ou follet, que le Feu. A vrai dire, je préfère le nom du parfum, le jeu de mots, vous avez bien raison, et l'histoire autour que le parfum lui-même. Boxeuse m'inspire autrement plus, question de goût.
    Quant à M.Lutens enfant, cela peut paraître étrange, mais il y a des gens que je ne m'imagine pas enfant, car ils semblent avoir été adulte très, trop, tôt. En même temps, quand on regarde M.Lutens s'exprimer, il y a quelque chose de l'enfance qui s'échappe de son regard, de ses gestes, cet enthousiasme lumineux spontané peut-être, plus ou moins masqué, protégé par une parole littéraire, forcément artificielle, une seconde peau presque.
    Mais je ne connais pas M.Lutens...
    Et je me demande ce qu'il penserait de ces enfances que nous lui imaginons, ou pas. Vous nous direz?
    VH

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  11. c'est Jean Genet et non Jean Genêt.

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  12. VH, il n'est pas impossible que M. Lutens prenne connaissance de ce qui est écrit ici... Quant à savoir s'il me fera savoir ses impressions, mystère! Comme lui-même a invité cette évocation de l'enfance, en tous cas, je peux imaginer qu'il sera plutôt amusé.

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  13. Anonyme, mea culpa -- sept livres de Genet s'alignent sur mes rayons depuis plus de vingt ans, dont certains relus récemment! Je crois que c'est une conversation hier au sujet de l'odeur du genêt qui a fait interférence. Je corrige immédiatement!

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  14. De toutes facons tout est Jean Genet chez Serge Lutens, il s'en est complement impregne, notamment pour evoquer ce qu'est le parfum; mensonge, trahison...J'ai lu sur les autres sites pas mal de personnes, generalement des nanas "Ah mais moi je comprends pas euh, il dit qu'il fait un parfum au pain mais ca sent pas le pain"...elles ont rien compris. Elles n'ont jamais lu Jean Genet et encore moins vu le chef d'oeuvre de l'homoerotisme, Un Chant d'Amour (qu'on peut voir facilement sur internet) et surtout ne comprennent pas qu'il y a plusieurs perceptions de la realite (model-dependant realism theory), on peut etre parfumeur sans s'exprimer avec les mots et les concepts que tout le monde utilise.

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  15. Uella, eh bien tu parles, moi aussi, je l'ai cherché, le pain -- mais je savais bien qu'on ne serait pas dans le littéral, que ce serait un jeu, le nom même du parfum l'indique. C'est là qu'on se rend compte à quel point l'histoire qui accompagne un parfum peut jouer (encore ce mot) sur sa perception, lorsque le parfum et l'histoire relèvent d'une démarche originale...

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  16. Pas besoin de raconter l'enfant qu'il a été ! Je crois qu'il nous dévoile, à travers sa réserve naturelle et sa pudeur, l'enfant qu’il est encore- s'amusant avec ce qu’il fait, et se torturant aussi, un petit peu, au bras du business-man et de l'adulte désabusé.
    Jeux de peaux m'intrigue beaucoup - je raffole des facettes "beurrés" de certains parfums - j'aime les fleurs blanches précisément à cause de leur effet "produit laitier"... et le bois de santal aussi…
    Je crois comprendre qu’ici SL poursuit un effet tout différent, mais quand même - j’ai hâte de tester jeux de peaux … et de défier l’implacable effet réglisse-lutensienne qui, souvent, me désole… Souvent, mais pas toujours, heureusement, et souvent pas là où je l’attends!

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  17. Zazie, je suis bien d'accord avec vous, l'enfant qu'il est encore transparaît! Ce que je propose ici n'est pas destiné à dévoiler une quelconque facette cachée du personnage, puisque nous ne savons que ce qu'il nous donne à deviner. J'ai donc songé à ce petit exercice en me disant que c'était une manière de susciter des commentaires intéressants sur un parfum qui n'était pas encore sorti.
    Encore qu'après avoir publié ce billet, écrit en m'abstenant de rechercher d'autres avis, je me suis aperçue qu'une ou plusieurs personnes ayant reçu le flacon lors du lancement presse avaient assez largement distribué des échantillons, ou qu'un journaliste l'avait déjà revendu sur eBay très en amont de la sortie...
    Enfin, pour ce qui est de la réglisse, elle pourrait bien vous tarauder encore, je le crains: rien de tel que de ne pas aimer une note pour ne sentir que ça! Mais il vaut toujours mieux juger sur pièce...

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  18. hello,
    En attendant une eventuelle critique en bonne et due forme, pourrais-je avoir vos impressions sur "Archives 69" ? je suis bien curieux et ne vivant pas en France n'ai pas l'occasion de le decouvrir a la boutique

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  19. Anonyme, le texte est en cours de rédaction et c'est en écrivant que je pense... Disons qu'Archives 69 illustre bien olfactivement la réversibilité de son nom, en jouant sur les codes masculins/féminins.

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  20. Si je peux me permettre, Uella, pour une personne qui ne supporte pas qu'on enferme des gens dans des cases, qu'on leur donne une étiquette, il me semble que vous devriez être la première à ne pas le faire. Jicky à qui vous faites référence est un jeune homme même pas majeur, pas une "nana". On peut avoir le bagage culturel et être conscient de tout ce que vous évoquez et regretter que ce parfum (que je n'ai pas encore senti) n'aille pas plus loin dans l'idée, je pense que nombreux sont ceux qui à la lecture du descriptif, on fantasmé ce que l'odeur de pain chaud pourrait donner en parfum, c'est-à-dire évidemment pas au premier degré.

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  21. Clochette, je n'ai pas voulu, comme je l'expliquais ci-dessus dans ma réponse à Zazie, aller voir ce qui se racontait sur Jeux de Peau avant d'écrire. En tous cas, pour ce qui est du commentaire de Jicky, je ne crois pas qu'il l'ait laissé ici.

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  22. carmencanada, ce pain je le sens tout de meme mais forcement avec Lutens il est habille, deguise, manniere, enlaidit...

    clochette, je n'ai qu'une vague idee de qui est qui (surtout lorsqu'il s'agit de personnes qui ne m'interessent pas plus que ca).

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  23. Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.

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  24. Uella, moi aussi je sens le pain, mais j'avoue qu'on ne me l'aurait pas dit, je n'aurais peut-être pas percuté.

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  25. Ce commentaire a été supprimé par un administrateur du blog.

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  26. Chère Denyse,

    Je rentre du boulot, un peu lasse, un peu indolente, avec, malheureusement, aucune envie de me remettre à la lecture du bouquin du moment...et je culpabilise de ne pas donner autre chose qu'un vague relent de médiocrité à ma soirée de mère de famille middle class....jusqu'à ce que je me branche sur votre blog et que je vous lise.
    Voilà, j'ai eu ma petite dose de littérature, d'art, de chimie....vous êtes une magicienne.
    Vous nous donnez envie de courir sentir Jeux de peau (et tous les autres parfums qui figurent ici), mais aussi de nous remettre à Jean Genet (en ce qui me concerne, lui, je ne l'ai jamais tout à fait lâché), à la peinture flamande et à tout le reste....
    Je ne me risquerai pas à entrer dans la petite polémique...Peu importe ce qu'on attend d'un parfum. Il est le support de notre imaginaire, et il EST. Il y aura forcément des déçus et des enthousiastes, et cela n'a rien à voir avec la qualité des uns ou des autres. Je n'aspire qu'à être l'observatrice naïve...

    Narriman

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  27. Narriman, par pure association d'idées en songeant aux parfums, livres, tableaux qui sont des échappées de la vie, disons, moins magique que l'on mène -- échappées qui permettent de voir, sentir, savoir *autrement*... C'est la chanson de Leonard Cohen qui me revient, "Tower of Song". La chanson n'a sans doute rien à voir avec le propos mais je cite:
    "I was born like this, I had no choice.
    I was born with the gift of a golden voice,
    And twenty-seven angels from the Great Beyond.
    They tied me to this table right here in the Tower of Song"

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  28. Bonsoir,grain de musc
    J'espère que je n'arrive pas trop tard pour pouvoir jouer et gagner un échantillon de jeux de peau de Serge Lutens.
    Pour moi Mr Lutens devait etre un enfant déja mysterieux, ou aimant le mystere déja, et les belles choses et beaux parfums, surtout celui se sa maman, un enfant solitaire aussi et profond, grave et sage dans le bon sens du terme.

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  29. Rebonsoir, grain de musc.
    En fait, j'ai déja laissé un message pour tenter de gagner un échantillon de jeux de peau de Serge Lutens.Mais, j'ai oublié de mettre mon pseudo.
    Pour moi, ce devait etre un enfant déja mysterieux, ou aimant le mystere,les belles choses, et les beaux parfums, surtout ceux de sa maman. Un enfant au regard grave et sérieux avec une classe naturel et préférant peut-etre la compagnie des grandes personnes.
    Ce qui n'empeche qu'il n'était en fait qu'un enfant, spontané, et avec beaucoup d'imagination, déja, à cette époque.
    Voilà ma description de ce que je suppose etre Mr Lutens enfant, et qu'elle vous aura plu.
    Merçi d'avance pour échantillon si je le reçois.

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  30. Merci Farfadette, j'étais un peu embêtée de cet anonymat qui pouvait prêter à des quiproquos!

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  31. JulienFromdijon30 janvier 2011 19:38

    C'est compliqué d'essayer de deviner Serge Lutens enfant. Et je me demande si de toute façon on ne préfère pas qu'il reste un mystère.
    Ainsi il peut plus facilement nous émerveiller.

    Alors "jeux de peau" ne sent pas tant le pain frais? Je suis déçu, je m'étais déjà fait tout un scénario. Une odeur de mie fraîche, de lait à la cannelle avec une touche velouté de safran (l'aether de Iunx), safran légèrement espéridé. Quelque chose de doux et régressif, mais de séduisant et futé.
    Je ne suis pas d'accord avec cette façon de procédé, Mr Lutens :p Ils ont mis l'étiquette sur le mauvais flacon, c'est ça?

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  32. Julien, peut-être la capterez-vous, cette odeur de pain frais qui était l'indice espiègle livré par M. Lutens... Pour moi, c'est du grillé, mais c'est délicieux tout de même.

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  33. JulienFromDijon30 janvier 2011 19:46

    Pour l'heure, j'ai du être influencé par "bois farine" de L'artisan parfumeur (Jean-Claude Elena). Que j'aurais plus aimé encore, sans le côté play-dos-pâte-à-modeler ou beurre de cacahuète.
    Je reviendrais écrire ici ce que j'ai pensé du vrai jeux de paume.
    Mais je garde en tête mon rêve, comme le rêve est souvent différent (et plus beau) que le vrai, peut-être qu'un jour je pourrais essayer de mettre ces rêves en bouteille. (On peut toujours rêver :) )

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  34. Denyse, je me rends compte que j'ai fait un commentaire sans participer au jeu, étourdie que je suis....en fait, le tirage au sort, ce sera sans moi. Vraiment, imaginer un homme tel que Serge Lutens enfant, c'est au-dessus de mes forces, j'aurais l'impression d'être indécente...je préfère lui laisser son enfance, ce sanctuaire, et ne prendre que ce qu'il veut bien nous donner au travers de ses parfums.
    Narriman

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  35. Narriman, monsieur Lutens a lui-même entamé ce jeu dans son dossier de presse, c'est lui qui lance des pistes... qui ne mèneront qu'à de l'imaginaire puisqu'il ne s'agit en rien d'enquêter!

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  36. j'aime jeux de peau, il me seduit par sa gourmandise(dine)sensuelle..j'imagine un petit garçon au regard à la fois grave et reveur, il ne fait pas souvent chaud dans le nord, on se rechauffe au coin du feu, on se depeche de rentrer de l'ecole car il fait glacial en hiver et on se regale de peu..du pain, ou de la cougnole, du café bien chaud...un enfant assez solitaire, pas une enfance malheureuse mais pas non plus choyée..la vie est dure dans le nord, on doit prevoir un avenir pour l'enfant, entré en apprentissage contre son grés peut etre (les etudes, l'ecole , c'est cher..). Enfant obeissant mais gardant dans son coeur un soucis de revanche sur la vie qui l'a placé la peut etre où il ne voulait pas, et pourtant plus tard, quand on vieillit, on se rend souvent compte que les epreuves de la vie vous servent le plus souvent a avancer et a se depasser..et puis coiffeur, à l'époque, ce n'est pas un metier d'homme!!! on subit les quolibets de ses camarades...on se renferme, mais une rage interieur boue dans le coeur...cela fait avancer..les tumultes de la vie qui ensuite finit par s'apaiser quand on trouve sa voie...peut etre que cela s'est passé ainsi pour mr Lutens qui porte le prenom de mon papa...avec des reminiscence de mon enfance personnelle pas loin de LILLE..sur les pavés mouiillé du nord, avec le gris gris et bas sur l'horizon, mais quand le soleil perce les nuages, qu'elle est belle ma région.

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  37. Véro, merci pour ce récit qui est aussi un bel hommage à ce pays qu'avec M. Lutens tu as reçu en partage. Je ne sais que ce qu'il laisse entrevoir dans ces entretiens, mais c'est sans doute proche de l'une des multiples vérités qui constituent un être humain... Fut-il aussi un
    magicien.

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  38. pour ceux que ça interesse, un bel article

    http://www.chicandgeek.com/ailleurs/jeux-de-peau-interview-serge-lutens/2/

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