jeudi 18 novembre 2010

Quelques considérations supplémentaires sur la starisation des parfumeurs



Mon récent post sur le prochain Serge Lutens, Jeux de Peau, m’a fait réfléchir plus avant au sujet de la starisation des parfumeurs, que j’avais abordé récemment dans l’interview de Basenotes, car plusieurs des commentaires portaient sur une comparaison entre Serge Lutens et Frédéric Malle. 

Les deux hommes ont en effet, chacun à sa manière, œuvré à ramener l’attention vers le parfum et donc sur l’art du parfumeur à une époque où le marketing s’en était presque entièrement emparé – tout comme, bien entendu, leurs prédécesseurs dans la parfumerie de niche, Jean Laporte pour L’Artisan Parfumeur, Annick Goutal et Patricia de Nicolaï. Mais bien que ces derniers aient donné leurs noms à leurs maisons, c’est sans doute M. Lutens d’abord et M. Malle ensuite qui sont à l’origine de la tendance actuelle qui consiste, pour faire vite, à nommer le nez.

Certes, Serge Lutens n’est pas un parfumeur au sens technique du terme : mais il a innové, et contribué à installer la signature au centre d’un certain discours sur le parfum, en suscitant un univers olfactif fondé sur les goûts et l’histoire d’un seul homme. Bien que son nom ne soit pas apparu au départ sur les flacons, il était évident, d’entrée de jeu, que cette maison était l’œuvre d’un démiurge : tout, depuis la décoration des Salons du Palais-Royal au style des compositions en passant par les noms des parfums disait « Qui m’aime me suive ». Ce n’était pas un retour à l’âge d’or où un Jacques Guerlain, un François Coty, un Ernest Daltroff dirigeaient leurs maisons : c’était, et c’est toujours, l’expression d’un style profondément idiosyncratique, la production d’un mythe en odeurs après celui d’une légende en images…

La démarche de Frédéric Malle lorsqu’il a lancé ses Éditions de Parfums n’a pas été moins radicale en son genre : nommer, montrer les auteurs qu’il sollicitait, afin de recentrer le discours sur le parfum et les conditions de sa production plutôt que sur un récit concocté par un service marketing dont on farcit le flacon a posteriori -- chose qui paraissait tellement évidente à Frédéric Malle qu’il s’est parfois demandé si on n’avait pas maintenu les parfumeurs dans l’obscurité pour une bonne raison, qui lui aurait échappé…
 La politique des auteurs de Frédéric Malle arrivait à point nommé, à la veille de l’explosion de la culture parfum sur internet : elle a fait école, à tel point qu’on ne lance pratiquement aucun produit de nos jours sans afficher le nom de son auteur.

Lorsque j’ai rapporté l’an dernier la publication d’un article du New York Times intitulé “Now Smell This, and See its Maker”au sujet de la montée en puissance des parfumeurs comme atouts de communication, j’étais la première à m’en féliciter, non seulement parce que cela leur apportait une reconnaissance plus que méritée, mais parce qu’il devenait de plus en plus facile de suivre nos signatures de prédilection.
J’en suis un peu revenue depuis. Tout d’abord parce que cette signature n’en est pas toujours une. Certains parfums sont attribués à de grands noms qui n’ont pas forcément contribué grand-chose à la composition (ne me demandez pas lesquels, je ne les nommerai pas). Qui plus est, la plupart des produits mainstream sont le fruit d’un travail d’équipe : en plus du ou des parfumeurs, directeur artistiques, directeurs de projet, évaluateurs et équipes marketing y contribuent. Ce qui en résulte a bien été composé par un, deux ou trois parfumeurs, mais a subi tant d’influences qu’on ne peut pas forcément parler d’auteur(s) à bon escient. Sans oublier que dans ce cas de figure, les parfumeurs savent très bien qu’ils échafaudent un produit commercial destiné à remplir certaines exigences du client : il ne s’agit pas d’une recherche de nouvelles formes, comme ce le serait s’ils travaillaient pour un Frédéric Malle, par exemple, bien que parfois, par miracle, une nouvelle forme puisse apparaître sur les rayons d’un Sephora. Ils font leur travail au mieux et font du chiffre pour leur société, mais ils ne déversent pas leur âme dans les flacons. Leur demander de promouvoir le produit comme si chaque molécule était le fruit de leur inspiration relève tout autant de la stratégie marketing que le fait de recourir à une « égérie ».

Mettre le nez en avant peut aussi être un moyen détourné de ne pas parler du produit lui-même. Quand une stratégie de communication se résume à une rencontre avec le parfumeur, il est bien évident que ce dernier saura mieux expliquer son travail, et plus légitimement que l’attaché de presse, surtout si on lui pose les bonnes questions. Mais « l’effet star » peut aussi éclipser le parfum lui-même (« Ouah ! Il m’a dédicacé mon flacon ») et fausser la donne – là, pour le coup, c’est « l’effet vernissage » qui joue (« Formidable, ma chérie !). Cela dit, tout vaut mieux qu’un gloubiboulga de communiqué de presse... sauf que: rien n’indique que ce ne soit pas précisément ce gloubiboulga qu’on nous ressert, authentifié par le fait que c’est le parfumeur qui parle. Après tout, il faut bien qu’ils se vendent, ces flacons.
Remarquez, ça ne peut marcher que lorsque le parfumeur sait parler : certains sont moins doués pour ça, plus réservés, ou ne parlent avec assurance que de domaines techniques, ce qui ne se traduit pas forcément au mieux en langage RP. La plupart des parfumeurs ont passé toute leur carrière dans l’ombre des labos : ils sont ravis qu’on reconnaisse leur talent, touchés qu’on aime leurs compositions, mais ce ne sont pas forcément de grands communicants… On n’offre pas de media training à l’ISIPCA. 

Les marques finiront-elles par engager des parfumeurs pour leur qualité de star plutôt que leur talent, bien que l’un et l’autre ne soient pas incompatibles, loin de là, au détriment de leurs collègues aussi doués mais moins éloquents ? Le prestige dans la blogosphère pèsera-t-il lors de l’évaluation de soumissions ? On n’en est pas là, mais le marché pourrait bien évoluer dans cette direction. Pourtant, la mise en évidence du parfumeur ne peut pas remplacer une identité de marque forte, une direction artistique inspirée ou une politique de communication intelligente, sous peine de ne devenir qu’une stratégie marketing supplémentaire. Évidemment, tout ça, c’est du boulot. Mais c’est la seule manière de faire briller la vraie star, dans cette histoire : le parfum.

84 commentaires:

  1. J'ai eu un peu peur au début du post que la conclusion soit défaitiste, je suis contente de lire l'inverse.
    Je pense en effet comme tu l'évoques à la fin du billet, que cette mise en avant du parfumeur participe à "l'ensemble", c'est à dire ramener le curseur sur l'élément fondamentalement important lorsque l'on lance un parfum : la fragrance. Ce qui se passe actuellement avec la "starification" des parfumeurs n'est qu'une évolution naturelle des choses. Sans offense, il me semble que l'argument de la paternité réelle d'un parfum (travail d'équipe plus que celui d'un seul homme)n'est pas recevable dans la mesure ou cette situation se retrouve dans une infinité de domaine, ne serait-ce que dans la haute-couture ou dans le cinéma. Je n'émets pas de jugement sur cette situation, je constate.
    La mise en lumière du travail des parfumeurs ne me semble pas représenter une corvée pour ceux-ci. Le fait qu'ils puissent s'exprimer eux-mêmes sur une de leur création arrange parfois déjà les choses sur les informations qui sont divulguées par la suite dans les magasines (même si du chemin reste à faire........). Après qu'ils ne soient pas libre de s'exprimer librement c'est une autre affaire, et l'intérêt des blogs réside sûrement là aussi.

    En tout cas, parfumeur star ou pas, la situation en parfumerie telle qu'elle existe actuellement ne pourra pas subsister : il faudra bien, à un moment ou un autre que les marques cessent d'être frileuses et reviennent à une qualité olfactive plus marquée. Les parfumeurs et leur équipe n'en seront que plus ravis j'en suis sûre.

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  2. Juliette, j'ai souvent utilisé la comparaison avec les réalisateurs de cinéma pour parler du travail des parfumeurs, et je compare fréquemment le travail en société de composition avec le vieux "studio system" hollywoodien, là n'est pas le but de mon argumentation.

    Mais, par exemple, lorsqu'on met en avant les parfumeurs responsables de tel jus de créateur lancé récemment à grands coups de renforts publicitaires, que ce jus n'a aucun intérêt, qu'il a même plusieurs défauts techniques, je ne peux supposer qu'une chose: qu'il y a eu une telle interférence à d'autres niveaux, notamment dans les équipes marketing du client, qu'on ne peut plus parler d'un travail d'auteur.
    De même lorsqu'un ou des parfumeurs se consacrent à un travail commercial: leur patte peut percer pour qui a des connaissances techniques, mais cela reste de l'alimentaire glorifié, et apprendre que tel ou tel grand nom l'a produit ne m'avance pas forcément.

    Pour ce qui est de faire parler les parfumeurs: j'ai été la première à le faire, pour autant que je sache, ou en tous cas à le faire assez régulièrement, dans la blogosphère francophone, donc tu prêches une pervertie. Bien sûr qu'ils sont heureux de le faire, ne serait-ce que parce que c'est gratifiant d'être enfin sur le devant de la scène.

    Mais d'une part, lorsqu'un parfumeur doit parler d'une chose qu'il n'a pas réellement faite avec tous ses moyens, et qu'il est contraint de se plier au jeu du discours marketing, on se retrouve dans une situation faussée. C'est ce qui se passe de plus en plus souvent dans le mainstream.

    D'autre part, la question pour moi est plutôt de savoir si l'on risque de s'acheminer vers une situation où l'on sélectionne des parfumeurs en fonction de leurs aptitudes médiatiques (qui peuvent bien évidemment se conjuguer à un immense talent) en faisant l'économie d'une réelle réflexion sur l'identité d'une marque et là, je songe plutôt à la parfumerie alternative qui a besoin de reprise dans les blogs pour exister médiatiquement (et à peu de frais). Que se passerait-il si l'on se mettait à retrouver la même petite poignée de signatures prestigieuses un peu partout, s'il n'existe pas derrière une réelle direction artistique permettant de varier les propositions d'une marque à l'autre? On n'en est pas là, mais on pourrait y arriver.

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  3. La comparaison avec la mode et le cinéma peut être juste mais dans mon esprit le travail de parfumeur permet plus facilement (pour des raisons techniques) de réaliser son travail sans une équipe énorme et des centaines de petites mains. Les grandes marques essaient peut être d'associer leur image (un peu dégradée ces derniers temps) au fantasme du "parfumeur créateur", seul au milieu de ses flacons.
    Le Parfumeur star est là pour cacher l'industrie et le marketing et l'utilisation de son nom répond à l'idée romantique de l'artiste dans son atelier.
    L'idée que cela peut pervertir le système est très juste. Je pense à tous ces palaces signés Stark sans beaucoup d'âme et à l'originalité outrée.

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  4. Je suis assez d'accord sur le fait qu'il faille réfléchir à une vraie direction artistique sur des marques de niches comme sur le mainstream, capable de travailler en amont avec le markéting pour creuser l'idée et définir une identité de marque, un style, et en aval avec le parfumeur pour faire aboutir cela. Cela existe déjà parfois, mais notre affect prend parfois le dessus pour ne pas voir qu'il y a eu cette démarche et qu'elle est réussie.
    Un bon exemple de mise en place de cela serait Narciso Rodrigez ou Chloe, mais à contrario, des marques comme Fendi auraient mérité cette reflexion.
    Mais je n'oublierais jamais le contre-exemple le plus frappant de Yves Saint Laurent et Gucci, qui du temps de Tom Ford allaient dans le mur alors que depuis l'Oréal, les parfums se vendent !!!! Heureusement, le réservoir de marques est encore large !

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  5. Madiel, en effet, ce qui me gêne est cette image romantique que tentent de promouvoir les grandes marques, alors que lorsqu'on visite une société de composition, on entre dans des bureaux, les gens ont leurs cartes magnétisées, bref c'est une entreprise, pas une tour d'ivoire. C'est ce que j'ai apprécié dans les portraits de parfumeurs tracés par Sabine Chabbert dans la Cuisine des Nez.

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  6. Méchant Loup, les parfums YSL/L'Oréal se vendent à renforts énormes de publicité, mais Belle d'Opium passera-t-il la rampe du rachat? Pas sûr, car le parfum est mauvais et cela, même des clientes très "normales" me l'ont dit. Et je ne crois pas que Rush ou Envy aient été des flops, à vue de nez... Il se trouvent que c'étaient *aussi* de belles créations originales et en cohérence avec l'esprit Tom Ford. Narciso Rodriguez réussit aussi une belle cohérence bien que la tentative d'un revival aldéhydé n'ait apparemment pas aussi bien marché que prévu: mais Beauté Prestige International (Issey Miyaké, JPG, Narciso Rodriguez) crée en général des produits très raccord avec l'identité de marque.

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  7. Des parfums comme Nu ou Gucci Homme n'ont-ils pas bénéficié de starification de leur directeur artistique ou de campagne à coups de millions ? Pourtant, ils étaient excellents mais décalés sans doute par rapport aux attentes de l'époque. Ce serait peut être différent aujourd'hui. Heureusement que Rush et Envy ont survécus, bien que je sois loin d'être amateur du second.
    Il est rassurant de voir que Belle d'Opium ne plait pas, mais le but n'était il pas de rebooster l'original auprès d'une clientèle plus jeune ? Qu'apporte le directeur artistique dans ce cas ? Chez BPI, il y a une vraie vision, un vrai travail sur l'identité de marque, c'est certain, mais cela ne marche pas à tous les coups non plus, les cas de A-Scent et Essence en attestent.
    Juliette, je crains pour ce qui est de revenir à une qualité olfactive plus marquée, car les parfums de star s'arrachent comme des petits pains et les marques alternatives commencent à faire de la soupe ou à chercher l'accroche facile sous couvert d'originalité ! Heureusement, des pistes sont encore possibles par d'autres biais encore au stade embryonnaire et nous avons surement notre rôle à jouer pour faire avancer cela !

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  8. Méchant Loup, Tom Ford peut en agacer beaucoup mais dans le cas de Gucci (pour YSL c'est un peu plus discutable) il a apporté une vraie vision, très marketing, certes, mais sans jamais prétendre être autre chose. Du coup, en effet, son règne a vu naître plusieurs parfums intéressants, avec de vrais partis pris.
    Je ne pense pas que le but de Belle d'Opium était de relancer l'intérêt pour Opium mais de le remplacer comme produit-phare, puisque celui-ci n'a plus pour lui que sa légende. Je crois que s'il y a eu direction artistique, elle ne s'est pas portée sur le jus.
    Pour le reste, ce n'est pas uniquement une question de marques alternatives qui commencent à faire de la daube, mais de façon d'y trouver des propos cohérents et originaux par-delà le concept du nom, du packaging et du discours RP. On peut avoir de très beaux produits hors propos pour une marque, qui dès lors risque de partir dans toutes les directions. C'est l'intérêt d'avoir un nez maison, en l'absence d'une vision originale, de plus en plus difficile à trouver, certes, dans cet environnement de lancements qui défouraillent de partout.

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  9. Bonjour à tous,

    Bravo Carmen pour votre article, je pense que vous avez décelé et décrypté une véritable tendance. Pour ma part, je reste convaincue que dans un monde parfait, le parfumeur ne serait rien de moins qu'un artiste créant sans aucune contrainte marketing, libre de s'exprimer olfactivement, sans être obligé d'effacer son empreinte personnelle sous les consignes du brief et les "j'aime/j'aime pas" des marketeurs-rois. Que sont les parfumeurs indépendants devenus? Morts, comme E. Roudnitska. Mais revenons au présent, car rien ne sert de dire que c'était mieux avant! La tendance du parfumeur-star sent effectivement le marketing à plein nez, mais la question est: est-ce une bonne stratégie pour les maisons de création et les marques? En effet, la parfumerie attire et passionne par l'aura de mystère qui entoure la création. Si le grand public met un visage sur les "nez", à quand la visite touristique des usines de production? Bientôt, à Grasse, les touristes ne se satisferont plus de Fragonard/Molinard/Galimard mais voudront lever le reste du voile... Gare à la démystification de ce qui n'est qu'après tout qu'une industrie: le flavour et fragrances.

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  10. Juliette, mais c'est déjà fait! En tous cas, les Sniffapalooza sont allés chez Robertet et Mane.
    Pour moi, il y a un glamour du labo et des molécules: même en passant comme je l'ai fait dans les coulisses, ce qui est réellement magique et mystérieux dans l'art du parfum le reste toujours. Ce qui est démystifiant, ce n'est pas que Dominique Ropion vous explique ce qu'il a fait des matières premières entrant dans Carnal Flower, par exemple - au contraire, ce voyage au coeur de la matière est fascinant -- mais la médiocrité envahissante des parfums qui sont uniquement destinés à faire du chiffre. Dans ce cas, le nez n'est qu'un postiche.

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  12. Le but serait alors de remettre du propos, de faire un dépoussiérage, un peu de ménage et de remettre sur le devant de la scène ce qui devrait être connu et est "identitaire" pour une marque, ou de définir un style et une vision nouvelle ? J'adhère complètement ! Par contre, il faut bien savoir là où l'on est et de quoi on parle !

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  13. Méchant Loup, les deux, non? Remarque, c'est plus facile à dire qu'à faire, mais ni toi ni moi ne sommes payés pour ça.

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  14. Cette réflexion est au carrefour d'un certain nombre de tendances. J'ai pour ma part la conviction que les choses ne peuvent pas durer telles qu'elles sont. Tous les indicateurs sont aux rouges en ce qui concerne la parfumerie actuelle : les nouveautés ne se vendent plus, les clients ne sont pas fidèles et de plus en plus exigents, le gaspillage est monstrueux...
    Le retour à la qualité passe par un processus de création en cohérence avec l'histoire d'une marque comme cela a été évoqué, et ça, c'est une idée qui fait son chemin dans ces maisons. De plus en plus de marques se tournent vers les équipes d'évaluation spécialisées comme il en existe dans les sociétés de créations, et sont beaucoup plus enclines à entrer dans une relation de longue durée avec leur fournisseurs.
    En ce sens, je ne crois pas à une sélection à droite à gauche des parfumeurs en fonction de leur "bonne tête" et de leurs réussites commerciales. Ce phénomène existe en effet, mais n'a pas d'avenir sur le long terme. Attention, je ne dis pas que cela n'arrivera pas ou que ça n'est pas déjà le cas, j'émets juste des réserves par rapport à l'ampleur de celui-ci.
    La comparaison avec le cinéma est en effet pertinente, nous l'avons toutes et tous faite sur nos espaces respectifs. Le studio "hollywodien" existe oui, mais ces grosses productions sont accueillies par le public comme telles. Les spectateurs à l'instar des amateurs de parfums ou même des consommateurs lambda ne sont pas dupes. La grosse production machine marketing, ça se voit, s'entend et se sent de loin.

    De plus le problème du nom d'un parfumeur apposé à un mauvais parfum n'a réellement d'impact que sur nous autres humbles amateurs expérimentés du parfum. Beaucoup (vraiment beaucoup) de personnes qui s'intéressent au parfum d'un peu plus loin que nous, ne savent pas qui est Jean-Claude Ellena ou Olivier Cresp. Sans parler du consommateur lambda.
    Cela est valable en majorité pour le grand public, certes, mais dans les marques alternatives, on se heurte à une autre tendance, celle des parfumeurs maisons. Cela a plus de sens, dans beaucoup de cas, de travailler avec un seul (ou un petit nombre) de personne(s) justement parce que ces marques ont besoin d'une cohérence d'ensemble.

    Enfin, nous pourrions encore faire couler beaucoup d'encre à ce sujet. En tout cas, une chose est sûre, le plus intéressant est à venir.

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  15. Poivrebleu (pour éviter de confondre avec l'autre Juliette qui commente désormais ici), j'ai l'air de m'acharner sur Belle d'Opium, mais la campagne m'a frappée: l'opération de buzz en ligne mettait bien en scène les parfumeurs dans de petites interviews filmées. Que la cliente lambda se fiche de savoir qui sont Honorine Blanc et Alberto Morillas, je veux bien. N'empêche que si elle google le nom du parfum, tombe sur le site officiel et regarde le film, elle aura vu et entendu les parfumeurs. On peut supposer que cette démarche n'est pas gratuite de la part de la marque: elle vise bel et bien à crédibiliser le produit. De même lorsque de grandes sociétés mettent en avant des parfumeurs maisons dans la presse, sachant qu'un parfumeur maison n'est pas forcément l'auteur de A à Z de tous les produits de cette maison, mais plutôt leur porte-parole.
    Par ailleurs, et tu le sais comme car cela apparaît dans les stats, des internautes recherchant des informations sur telle ou telle sortie vont forcément tomber sur nos notes, qui feront certainement état des noms des parfumeurs. Ils ne les retiendront pas forcément, mais l'information existe et nous la diffusons. Notre impact n'est pas forcément monumental mais il n'est pas insignifiant. Et en plus on fait ça à l'oeil.

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  16. Parfaitement d'accord avec toi sur ce que tu as dit, à une petite nuance près. La consommatrice lambda qui googlelise un lancement et tombe sur une note d'un blog tombe sur un billet au ton qui est parfois bien à côté de celui de la marque. Pour reprendre ton exemple de Belle d'Opium, elle trouvera la campagne avec les parfumeurs certes, mais aussi les notes des bloggeurs qui risquent un peu de la refroidir. Notre influence n'est pas immense, certes, mais comme tu le dis, elle compte...
    D'ailleurs, la campagne qui avait été menée pour Elle, toujours chez Yves Saint Laurent, l'avait été de la même manière (parfumeurs mis en scène pour vanter les mérites de "Elle", bla bla bla). Je ne connais pas le résultats des ventes, mais je ne crois pas non plus que l'engouement soit affolant.
    Mettre en scène les parfumeurs certes, mais si le parfum est mauvais, ça ne le sauvera pas.

    Ps: et pas de soucis pour le "Poivrebleu" :-)

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  17. Exactement! Dans ce genre de cas de figure, légitimer une démarche soit disant artistique en la faisant cautionner par le parfumeur est de l'esbroufe...

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  18. Bravo Denyse, tu es de nouveau très juste et as su mettre le doigt sur les différents aspects de cette situation. Je n'ai pas grand-chose à ajouter, juste une: contrairement à Uella, je trouve très respectable le travail "alimentaire" que certains nez acceptent car tout le monde n'a pas le luxe de pouvoir travailler comme Christopher Sheldrake, Jean-Claude Ellena, Bertrand Duchaufour, Thierry Wasser ou Mathilde Laurent, et il faut bien vivre! Pour ces derniers et les marques comme Malle qui effectivement a le mérite de laisser une liberté de création à ses nez, la démarche se justifie et est cohérente. Pour le reste, je le ressens comme une humiliation pour ces nez qui ont, quand ils l'ont pu, créé de très bons parfums, et dont on se demande, quand on voit leur dernière "création" pour telle ou telle marque, "mais que sont-ils allés faire dans cette galère?". Et qu'ils soient à présent obligés, même, de défendre le produit... De plus, il me semble qu'à long terme, quand la qualité (créativité, sincérité...) n'est pas au rendez-vous, c'est plutôt l'effet inverse qui se produit, des nez tels que Jacques Cavallier, Olivier Polge ou Alberto Morillas perdent de leur prestige, à mes yeux, au vu de ce qu'ils sont en train de faire, alors que certaines de leurs créations font partie, pour moi, des incontournables! En tant qu'artistes, on a souvent besoin de se "prostituer", je suis bien placée pour en parler, et on s'y fait (après tout, une proportion d'artistes encore plus grande n'a même pas la chance de pouvoir subvenir à ses besoins, dans le cas des nez, beaucoup se considèrent heureux de créer des fragrances pour produits ménagers), mais qu'on nous demande en plus d'en parler comme si on avait créé le chef-d'oeuvre de notre vie, ça ça fait mal, sans vouloir faire la drama-queen! Alors je vous rejoins, oui pour une starisation qui mène à long terme à plus de liberté pour les créateurs et plus de qualité pour les parfums, non à la starisation-marketing!

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  24. Clochette, ton message s'est affiché six fois! D'où tous les messages supprimés au cas où les internautes se poseraient la question...
    Tu sais, à part Mathilde Laurent qui est passée directement de Guerlain à Cartier, toutes les personnes que tu cites ont dû faire des travaux plus commerciaux, certains avec bonheur d'ailleurs, sûrement: ce n'était pas forcément de la daube! Mais bon, c'est pour ça que Bertrand Duchaufour a quitté son employeur il y a deux trois ans: il ne supportait plus.

    Cela dit, en effet, je ne sais pas quel effet ça doit avoir sur le moral d'être obligé, en plus, de parler de trucs qui ne sont pas vraiment à soi. Je suppose qu'on peut le faire avec philosophie, ça ne doit pas être dramatique pour tout le monde. Après tout, parfumeur, c'est *aussi* un boulot qui permet de gagner sa vie, pas forcément un sacerdoce pour tout le monde, même des gens très doués.

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  26. Zut il y a eu un bug, désolée ^^

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  27. Faire parler les parfumeurs, certes, mais encore faut il qu'ils aient leur propre univers. Les parfums de Frederic Malle excellent au niveau de la qualite des matieres premieres mais en ce qui me concerne, trop classiques et impersonnels. J'ai une nette preference pour une parfumerie revelatrice de l'histoire des civilisations, qui s'adonne a la fantasie et l'humour comme celle de Serge Lutens, ou Mathilde Laurent, une parfumerie innovante qui suscite de reelles emotions et evite les ecueils de la haute technicite en parfumerie; froideur chez Frederic Malle, fadeur chez Jean-Claude Ellena.

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  28. Uella, je n'éprouve pas forcément le besoin d'installer des oppositions: tous ceux que tu cites sont du même côté, celui du beau parfum, et se sont donné les moyens de le défendre.

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  29. Je suis souvent d'accord avec vous, Uella, mais concernant les Malle, je pense que vraiment vous passez à côté de quelque chose. C'est votre droit, apparemment impossible de vous faire changer d'avis, alors je vais simplement dire ici aussi (je suis aussi têtue) que je trouve absurde de généraliser ainsi au sujet des parfums d'une marque qui engage des nez aussi dissemblables que Malle. Je ne comprendrai jamais comment vous arrivez à mettre Ellena, Roucel, Roudnitschka, Ropion, Fléchier etc. dans un même sac. Quant à Ellena, délicatesse et transparence ne sont pas fadeur, pour moi il est l'impressionniste de la parfumerie, mais je comprends qu'on ne soit pas sensible à cette forme de beauté, par contre c'est dommage de la dénigrer.

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  30. carmencanada et clochette, denoncer la starisation des nez dans l'univers de la parfumerie grand public et en contrepartie faire l'eloge de la parfumerie d'auteurs de Frederic Malle, ca aussi c'est installer un parti pris et une opposition des genres.
    Je fais une exception avec Une Fleur de Cassie, qui est beaucoup plus qu'un "beau parfum". Pour le reste, je ne percois pas de diversite assez profonde des nez chez Frederic Malle. On peut me dire qu'ils ont tous leur propre style, pour moi tout est un peu sur le meme ton, de beaux parfums serieux bon chic bon genre.
    Frederic Malle travaille avec sa petite bande a lui, je l'imagine mal selectionner un nez qui aurait envie de travailler sur un style de parfum qui ne corresponde pas a son profile tres Auteuil-Neuilly-Passy.

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  31. Mais Uella, le propos (pour ma part, en tout cas) n'est pas du tout de dénoncer le phénomène de starisation des nez! Le propos était d'évoquer les effets perverts liés à la récupération de cette starisation par des marques qui n'ont ni la sincérité, ni la créativité, ni la qualité d'une marque comme Frédéric Malle! La starisation des nez telle que l'a engendrée Malle, conduisant à une liberté de création pour ces nez et à l'utilisation de matières premières nobles, on ne peut que s'en réjouir et souhaiter qu'une marque comme Yves-Saint-Laurent s'en inspire, au lieu d'accoucher d'un "Belle d'Opium" en jouant le cirque médiatique de l'accouchement d'un chef-d'oeuvre! Sérieusement vous ne percevez pas de diversité entre un "Lipstick Rose", un "Dans tes bras", un "En Passant" et un "Parfum de Thérèse"??? Le personnage vous est antipathique, soit, mais cela vous fait réellement manquer d'objectivité, il me semble. Et je précise que je ne suis aucunement partie prise, je ne suis passée à la caisse pour aucun Malle (trop cher pour l'instant, j'ai préféré investir chez Goutal et l'AP), je n'ai jamais entendu d'interview de cet homme, à vrai dire ça m'est bien égal qu'il soit le bourgeois pédant que vous décrivez!

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  32. De plus, un élément qu'on a effleuré, c'est qu'au départ, cette démarche de Malle de mettre en avant le nom des nez va de pair avec une économie sur les autres éléments de la sortie d'un parfum: campagne publicitaire, égérie etc. Dans le cas de la récupération du phénomène par le mainstream, on a toujours la même impression que tout le budget est passé dans l'image, et rien dans le flacon, simplement le nez vient faire son petit speach sans que rien n'ait changé pour lui: liberté de création et de choix des matières!

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  33. Uella, je n'ai pas vocation à "défendre" Frédéric Malle, mais *justement*, si l'on se fonde purement sur les formes olfactives en faisant l'impasse sur tout le reste, on note au contraire une grande diversité d'un auteur à l'autre.
    Pour ce qui est de "dénoncer", je signale la récupération par le grand commerce d'une démarche légitime, qui est de donner à l'auteur sa juste place à la fois dans sa liberté créative et sa reconnaissance, sa signature. Récupération qui n'a pas forcément lieu d'être.

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  34. Clochette, l'idée de "starisation" contient en elle-même ses effets pervers, auxquels on ne peut d'ailleurs échapper puisqu'ils sont structurels dans notre société. Je préférerais le respect profond entourant les "trésors artistiques vivants" du Japon. Mais voilà, on vit dans le monde de Closer et Facebook, dans le carambolage de la starisation à tout va et de l'accessibilité de tous par tous, dans le devenir-VRP de soi-même.
    C'est comme ça, les parfumeurs n'y échappent désormais pas plus que les autres mais encore une fois, ça ne permet pas de faire l'économie d'une réelle réflexion sur l'identité d'une marque.

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  35. J'ai le sentiment que les marques grand public font de plus en plus appel aux parfumeurs car elles cherchent, au delà des égéries publicitaires, à les "incarner" davantage. Les clients ne sont pas stupides, ils savent que la plupart des parfums sont issus d'études de marché à répétition, qu'à la fin un parfum est le fruit d'un tas de compromis plus ou moins "foireux" (entre la vision du créateur qui s'oppose souvent à celle des équipes marketing sans compter les tests qui nivellent tout ça vers le bas). En mettant en avant le parfumeur, les marques cherchent à redonner le statut d'oeuvre d'art à leur parfum alors qu'il ne s'agit en fait que d'un simple produit issu d'une démarche marketing. Le souci c'est que les parfumeurs sont bien obligés de jouer le jeu vu la pression et les enjeux représentés par les grands groupes. Ce que je crains pour l'avenir c'est que les clients, de + en + avertis, se détournent du discours des parfumeurs en se disant qu'ils sont au service de la marque comme de "vulgaires" commerciaux. Concernant Frédéric Malle et Serge Lutens, nul ne peut remettre en question leurs contributions respectives effectivement. N'en déplaise à Uella, Malle a apporté beaucoup en mettant (sincèrement) les auteurs en avant au travers des noms qui figurent sur les produits, de la gallerie de photos dans les boutiques et la formation du personnel de vente qui sait parler du style propre à chaque parfumeur. Par ailleurs, la marque ne me paraît pas "froide" (peut être Frédéric Malle lui même je ne sais pas) et puis il y a une réelle diversité au niveau des auteurs (parmi les auteurs et les créations, je pense en particulier à Musc Ravageur et Dans Tes bras de Maurice Roucel qui ne me semblent pas spécialement "sérieux", "bourgeois" et "impersonnels"). Concernant Hermès et JC Ellena, je ne trouve pas tous leurs parfums "fades". Je dirais plutôt "raffiné" ou "délicat" pour qualifier le style de cette maison et puis il n'y a pas que des parfums "transparents" non plus (Vétiver Tonka, Ambre Narguilé...) Des parfums fades, il y en a dans toute les marques chez Lutens (L'Eau, Nuit de Cellophane...) comme chez Malle (En Passant) ou Hermès (Voyage car trop redondant par rapport aux créations précédentes).

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  38. carmencanada, j'avoue que la grande diversite des formes olfactives des nez de Frederic Malle m'echappe completement. Il selectionne un petit groupe de parfumeurs confirmes qu'il connait bien, on est loin de l'idee d'un editeur qui a le flair pour denicher des nouveaux talents fraichement sortis de l'ecole.
    Qu'on me dise qu'il y a un enorme fosse entre Muscs Koublai Khan et L'Eau Serge Lutens ou Bas de Soie, la j'y crois.
    J'estime avoir une certaine connaissance de la parfumerie (sans pour autant pretendre etre experte ou me la jouer). Les formules originales de parfums comme Mitsouko, Tabac Blond, No.5, Shalimar et Feminite du Bois sont mille fois plus audacieuses, decadentes et innovantes que celles composees par les "auteurs" de Frederic Malle, pourtant les talentueux parfumeurs derriere ces creations etaient totalement inconnus du grand public. La politique des auteurs de parfums, ca fait bien sur le papier, mais ce n'est pas une fin en soi. Pour un concept qui fait l'eloge de la totale liberte d'expression sans limite de budget, j'estime qu'on est en droit de s'attendre a un peu plus d'originalite, de modernite et de folie.

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  39. anonyme, Angelique sous la Pluie, En Passant, Dans Tes Bras, French Lover et Lys Med. sont loin d'etre folichons pour des parfums d'auteurs a qui on a fixe aucune limites, non? Allez tester L'Heure Fougueuse de Cartier, vous verrez qu'en terme de creativite et d'innovation, c'est nettement au-dessus!

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  40. Anonyme, votre commentaire étant apparu en triplé j'en ai supprimé deux.
    Vous signalez un risque, en effet, celui que le "parfumeur marketing" dé-crédibilise le discours du parfumeur auteur. Une solution, bien partielle car elle ne touche pas forcément un grand public, est celle de donner la parole aux parfumeurs auteurs d'une façon suffisamment libre et vraie dans des lieux comme celui-ci pour que le discours ne puisse avoir l'air fabriqué lorsqu'il ne l'est pas, afin qu'un discours réel sur le parfum puisse émerger.

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  41. Uella, certain éditeurs publient de jeunes auteurs, d'autres travaillent avec des gens au top de leur profession: les parutions chez Frédéric Malle ne sont pas pléthoriques, beaucoup moins en tous cas que dans le domaine du livre, je comprends qu'il privilégie des gens avec lesquels il a établi des relations privilégiées. Par ailleurs, tout le monde n'est pas obligé d'être "décadent": les classiques que tu cites ne le sont pas puisque justement, le propre d'un classique est de ne pas appartenir à la période décadente d'un art.
    Enfin, je considère Dans Tes Bras comme l'un des parfums les plus insolites des dernières années, mais ça n'engage que moi.

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  42. Je pense que les grands classiques ont ete concus autour d'une certaine volonte de decadence; la provocation de l'ultra-luxe de JOY, l'idee d'emancipation des femmes de Tabac Blond, l'ultra-feminite du No.5, l'ultra-sensualite de Shalimar. J'utilise le terme de decadence parce que ces classiques avaient tous une tres forte personnalite. Narcisse Noir et Mitsouko sublimaient la femme enigmatique a l'extreme, il y avait vraiment une audace folle qu'heureusement je retrouve aujourd'hui actualisee dans certains parfums comme L'Heure Fougueuse et Tubereuse Criminelle.

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  43. Uella, je pense que tu donnes un autre contenu au mot "décadent" que celui de l'histoire de l'art. Serge Lutens pourrait peut-être le revendiquer à cause de son affirmation du dandysme et de l'artifice assumé, mais je préférerais parler d'un style baroque. Mais l'appliquer au mouvements modernistes dans lesquels s'inscrivent pour moi les parfums de Beaux, Coty, Daltroff ou Jacques Guerlain, c'est... parler comme les idéologues nazis qui fustigeaient la décadence de ces mouvements. Je sais bien que ce n'est pas ton cas, que ce n'est absolument pas ce que tu veux dire par là, mais les mots ont un sens et une histoire. Les qualités que tu trouves aux grands parfums que tu cites ne sont pas celles de la décadence, mais, comme tu le dis plus loin, de l'audace -- c'est d'ailleurs moins vrai dans le cas des Guerlain: dans ce domaine, c'était Coty qui révolutionnait les structures.

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  44. Decadence n'etait pas le mot juste, desolee, mais il y avait bel et bien chez ces parfumeurs un certain gout de la provocation (pas chez Guerlain on est d'accord meme si le plus populaire de cette maison est le plus audacieux de tous en sensualite). Les classiques les plus bon chic bon genre ne plus commercialises depuis belle lurette, le plus gros succes de la parfumerie de ces vingt-dernieres annees c'est Angel alors que toutes les eaux plus insipides disparaissent aussi vite qu'elles sont arrivees (je sais, elles sont constament recyclees en fausses nouveautes). Qui porte encore Beyond Paradise et Champs-Elysees? Enfin, entre en jeu la question de l'unanimite d'un parfum par les acteurs de cette industrie. Feminite du Bois a toujours fait l'unanimite, il ne sera probablement plus commercialise dans 20 ans mais il restera dans la memoire collective comme le symbole du parfum qui a un moment donne a revolutionne la parfumerie alors que tout le monde aura oublie Dans Tes Bras, pourtant un parfum ne d'un concept assez pretentieux (budget infini, creativite sans bornes...)

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  45. Uella, on ne saura jamais exactement ce qu'avaient en tête Coty ou Daltroff, qui étaient tous deux de grands marketeurs, *aussi*. Mais bon, il est sûr que sans Thierry Mugler, Vera Strubi et son équipe, Olivier Cresp n'aurait sans doute pas fait Angel, et que sans Serge Lutens, Christopher Sheldrake et Pierre Bourdon n'auraient pas fait Féminité du Bois, qui sont considérés comme plusieurs professionnels comme les deux seules vraies nouvelles formes à avoir émergé au cours des deux dernières décennies. Ce qui re-pose la question de la signature qui était le sujet de mon post: dans ce cas-là, il n'y a pas *un* auteur.

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  46. Completement d'accord avec toi, c'est exactement la raison pour laquelle je remets en partie en question le concept de livrer des nez a eux-meme. On se souvient tous des trois voyages eprouvants en Egypte qu'ont ete necessaires a Jean-Claude Ellena pour composer Un Jardin sur le Nil parce qu'il se trouvait en situation de cruel manque d'inspiration.
    J'ai lu le tres beau bouquin de Martin-Hattemberg sur la maison Caron. Daltroff etait un homme d'affaires qui voyagait enormement pour l'epoque, apres le succes de Narcisse Noir il vivait la moitie de l'annee a New York au grand dam de sa "compagne" Felicie Vanpouille qu'il ne maria jamais, (elle se sentait delaissee et ne l'avait jamais compris, je pense qu'il devait etre homosexuel, je suis tres forte a sentir ce genre de choses). Daltroff s'est inspire de l'amerique du Sud et autres contrees exotiques pour l'elaboration de ses parfums, ce n'etait pas un nez enferme dans son labo 24/7. C'est une epoque revolue, effectivement les parfums meme aujourd'hui attribues a un seul auteur sont le fruit d'un travail qui a necessite la collaboration de plusieurs personnes dont on ne connaitra jamais le nom ni le degre de leur contribution.

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  47. Uella, mais tu ne sais pas si les parfumeurs voyagent ou non, on n'est pas dans leurs bagages... Et puis on peut voyager à l'intérieur d'une tubéreuse, dans le macroscopique... Mais en parlant de voyage, on n'est plus à l'époque des pionniers!

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  48. Bien sur mais c'est comme en litterature, lire Duras rien que pour le style d'ecriture c'est fantastique mais je prefere un auteur commme Jay McInerney qui a vecu des situations insolites et intenses que 99% des gens ne vivront jamais.

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  49. Uella, rien n'exclut de lire les deux, mais je ne lis pas les écrivains pour ce qu'ils ont vécu... C'est ce qu'ils font de la langue qui m'intéresse, et le matériau le plus indigent (deux cloches qui attendent Godot) peut donner des chefs d'oeuvre.

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  50. Bonjour à tous,
    Merci Carmen pour votre réponse.
    Je me permets de m'insinuer dans votre dialogue avec Uella: il faut bien reconnaître que N°5 ou Shalimar ont été de petites révolutions en leur temps, car ils ont effectivement apporté quelque chose de radicalement nouveau à la parfumerie, et sont maintenant devenus des classiques. Il en est de même pour les oeuvres de Molière et de Victor Hugo; les modernes sont devenus classiques!Bref, voilà ce que je veux dire (et je me contredis volontairement par rapport à mon post précédent): peu importe quelle a été la démarche créative d'Ernest Beaux en créant N°5; l'important est que c'est un beau parfum et qu'il nous soit resté. Mais il ne faut pas oublier qu'à l'époque, les lancements n'étaient pas légion, contrairement à aujourd'hui. Actuellement, l'accent est mis sur la démarche créative du parfumeur par des marques qui souhaitent se différencier des autres et/ou créer de beaux parfums par opposition aux parfums "commerciaux". A ces marques-là viennent maintenant s'ajouter celles qui veulent faire passer un parfum commercial pour un beau parfum(cf Belle d'Opium et consorts)en s'appropriant les codes de la niche et faire parler le parfumeur dans son saint des saints.
    Tout ça pour dire qu'avec un peu de chance, malgré tous ces artifices marketing, malgré la starisation hypocrite du parfumeur "pantin", j'espère qu'on aura encore dans les années à venir l'opportunité de sentir quelques beaux parfums. Peut-être même de chez YSL/L'Oréal, qui sait?

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  51. Juliette, je ne doute pas une seule seconde que bien des parfums magnifiques nous attendent, qu'ils soient l'oeuvre d'un grand parfumeur auquel on laisse le champ libre, d'un tandem parfumeur/directeur artistique, voire d'une équipe inspirée. Seront-ce des révolutions? Qui sait? Il ne me semble pas pertinent de comparer l'oeuvre de pionniers à celles des contemporains: le champ est défriché, il a plus d'un siècle. Méliès, D.W. Griffith, Murnau ou Eisenstein n'oeuvraient pas dans le même champ que Scorcese, Lynch ou Kiarostami de nos jours, non plus. Un siècle, c'est peu et c'est énorme.

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  52. Uella, je ne pense pas que JC Ellena soit parti en voyage en Egypte pour trouver l'inspiration qui lui aurait manqué selon vous... Il avait déjà toutes les pièces du puzzle en main avant de partir! C'est plus, à mon avis, une stratégie de communication, la volonté de raconter une belle histoire aux vendeurs (filiales de distribution, agents etc.), à la presse et aux bloggers. C'est en effet plus sexy que de parler des centaines d'essais nécessaires à trouver le juste équilibre sur un parfum... E.

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  53. anonyme, avez-vous lu l'article du New York Times qui relate l'elaboration d'Un Jardin sur le Nil? Comme l'a souligne Luca Turin dans son guide Perfume The Guide, le recit frise le pathetique, personnellement j'ai eu la meme impression en lisant cet article.

    carmencanada, l'epoque des pionniers c'est le passe mais le voyage reste encore en parfumerie et meme dans d'autres domaines comme la Haute Couture, un element essentiel autour duquel s'articule la creation. Le voyage est magique, celui qui fait le lien avec les cultures comme le fait Serge Lutens en parfumerie est le plus interessant. Jean-Paul Gaultier s'inspire encore des cultures du monde, une fois sur deux on a le droit a une collection
    d'inspiration ethnique d'esprit tres "pionniers".
    J'aimerais sentir un parfum qui propose un voyage macroscopique de la tubereuse, je suis pas sure qu'il n'existe et s'il existait il s'adresserait a un marche tellement restraint, serait-il commercialement viable? (Le parfum ne se vend plus, aux Etats-Unis les gens ne se parfument plus, quand je porte Nuit de Cellophane, que je considere comme le parfum de ma collection le plus approchable et casual, on m'en parle comme si il s'agissait d'une fragrance sophistiquee a
    l'extreme).
    Enfin, quels sont a ton avis les nez competants capables de s'attaquer a l'hyper-intellectualisation d'un projet olfactif comme le voyage macroscopique d'une matiere sans la rendre froide et sans vie? Mathilde..? ;-)

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  54. E., je ne suis pas dans le secret des dieux ou de M. Ellena... je crois que les films réalisés par Hermès pour sa série des Jardins sont en effet destinés à la communication plutôt qu'à l'inspiration: c'est ce que j'ai appelé dans un article la politique de traçabilité d'Hermès. Cependant, il est possible que certains éléments de la formule soient trouvés in situ, même si l'écriture est déjà amorcée.

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  55. Uella, le voyage au coeur de la tubéreuse existe, il s'appelle Carnal Flower... Quant à l'inspiration exotique, ce n'est pas cela que j'appelle l'esprit pionnier: elle existe de tous temps dans la mode. L'esprit pionnier, c'est celui des créateurs qui défrichent un terrain, inutile d'aller au bout du monde pour le faire, c'est le domaine de la parfumerie lui-même qui était à explorer, et c'est ce qu'on fait des parfumeurs comme Coty.

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  56. carmencanada, tu as raison pour Carnal Flower, mais je n'aime tellement pas son cote suave et vert solaire, c'est l'overdose chez moi, que ca ne m'est pas venu a l'idee de le nommer...that's my own personal bias ;-)
    Coty a apporte a la parfumerie le premier chypre mais qui devait etre trop exercice de style, puisque meme s'il a ouvert la voie a une nouvelle famille olfactive, il n'a pas du tout marche a l'epoque et c'est Guerlain qui l'a repique a sa sauce pour le rendre commercialement plus "sexy" avec Mitsouko. D'ailleurs j'aimerais savoir pourquoi Coty a choisit le nom de Chypre?
    On voit bien que dans ce cas, l'exploration de la parfumerie a l'etat pur ne suffisait pas, Guerlain a recadre le "chypre" par l'ajout d'un cocktail de notes epicees et sensuelles et par le biais d'une campagne qui fait appel a l'exotisme de l'Extreme-Orient meme si le chypre n'a rien a voir avec le Japon et le romantisme. Ce qui a fait le succes des parfums Guerlain c'est de vendre l'idee du parfum "voyage au bout du monde". Les femmes achetaient Mitsouko parce qu'il les faisait rever mais pas parce que c'etait un chypre.
    Coty est accredite pour etre l'un des plus grands parfumeurs mais sa parfumerie n'existe plus, je ne parle pas de ce qu'est devenu Coty aujourd'hui. Est-il au programme des ecoles de parfumerie?

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  57. @ Uella : Comme d'habitude, je trouve que vous êtes habitée par une certaine démesure, à vous lire on croirait qu'aucun parfum chez Malle n'est intéressant. A défaut de trouver de découvrir des chef-d'oeuvre, on peut trouver des parfums intéressants, surprenants, instructifs...
    Si je devais décrire ce qui manque aux parfums malle, je dirais...
    . que je n'aime pas vraiment le style d'Elena, que j'associe à une anorexie (toujours moins de matière, transparence poussé jusqu'aux os, peu de vibration)
    (les compositions "blanc sur blanc" d'Olivia Giacobeti ne sont pas celles qui m'émeuvent)
    . la plupart de ces nez font des excès dans l'usage de certaines molécules synthétiques (et pas que "une rose", avec sa rose sublime rattrapée par un fond lourdingue), c'est comme s'ils avaient du mal à se départir des briefs de parfum mainstream. On lit mal le "no bugdet limit" en effet.
    . Roucelle et Ropion ont un style très "opaque", trop surchargé -"dense" si vous préférez-,
    . la qualité des matières premières ne chantent pas (hormis "noir épice", "vetiver extraordinaire", et "geranium pour monsieur), ce qui est assez un combe pour une marque de niche.
    Plus je connais les Malle, plus je bute aux défauts propre à chaque parfum. Lys méditérannée a un aspect aquatique et urinaire. Une rose arrive à gâché une sublime rose avec des boisé-ambré lourdingues. Le parfum de thérèse n'est pas un parangon de qualité (ce melon rèche en tête, ce jasmin faible, cette rose palôte), il y a des dissonances dans le style qui me font douté que ce soit du Roudnitska père, trouvez-vous du "parfum de toilette" de femme de rochas, c'est incomparable (canelle, vrai beau jasmin péchu, profondeur générosité sillage). Iris poudre a un iris de qualité médiocre. Lipstick rose : un accord un peu bâteau (rose chyprée + violette), déjà vu dans "drôle de rose", et "Rose d'amour", et en mieux.
    (J'ai déjà cité mes chéris de la marque)
    Donc je dirais que ce qu'il manque c'est la générosité et de la profondeur dans les compositions.

    J'ai découvert plus amplement "féminité du bois" récemment. J'adore, sa cannelle, la qualité des ingrédients, sa façon de me raviver des images de grands parfums classiques (prune de femme ; cèdre de l'heure bleue) jusqu'à les égaler.
    Par contre, les gens se méfie du côté "snob" des aficionados de Lutens, et je ne suis pas sûr que tous reconnaisse aussi aisément dans "féminité du bois" le merveilleux parfum qu'il est. (et qui a peut-être bougé, en moins bien, avec la reformulation)
    En tout cas, plus je connais Lutens, plus je suis fasciné. C'est le contraire de Malle : Iris silver mist contient une qualité d'iris exceptionnelle, Rose de nuit est une vraie rose dont on ne se lasse pas, "à la nuit", "ambre sultan"... Serge Lutens a vraiment bien fait les choses, c'est un des rares créateurs que je verrais bien porter ses créations telles qu'elles sont vendues en magasin, il y a mis le maximum.
    (Même si plus de la moitié des parfums sont plus des étrangetés intéressantes plutôt que des parfums que je dirais "bons")

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  58. Je tique un peu quand j'entends que, d'une perspective historique, Shalimar et No5 actuels sont des classiques.
    Le No5 actuel est, dans ses concentration inférieurs un travail d'illusion sur la qualité des ingrédient, et une ode au musk blanc dans la forme de l'extrait (très bon, mais pas la came originale du tout).
    Quant à Shalimar, chez Guerlain les formules deviennent très très lentement de plus en plus de la soupe, à la vitesse d'une trotteuse faisant lentement son tour de cadran. Je veux dire, non pas du mépris, mais l'idée que concernant les classiques Guerlain -qui reste les meilleurs- ils ont leur meilleurs jours devant eux, et que les belles lettres de la parfumerie ne s'écriront plus chez Guerlain. Outre la dévalorisation de la qualité des edt et edp, ce sont les extraits, dans lesquels je lis non pas la volonté de ne plus mettre le prix pour la haute qualité, mais l'incapacité de maintenir le rafinement des compositions, par manque d'inspiration/intelligence plus qu'une question de restriction allergène.


    @ Juliette : Oui, mais Victor Hugo est tombé dans le domaine public, et il serait blasphème de déplacer une virgule. Les formules originales du n°5 et Shalimar n'ont jamais été publiée, en tant que telle elles n'ont jamais été sauvegardé.
    Je fais peut-être un gros hors sujet historique, mais Carmen vous me corrigerez : au moyen-âge on parlé de "traité de parfumerie", de manuel, de circulation des savoirs, alors que le soucis du secret des formules de la parfumerie moderne semble accéléré la putréfaction et la perversion des formules.

    /en passant : J'ai senti l'actuel "A la nuit" de Lutens, je pense à 90% qu'il y a eu reformulation, il est beaucoup moins puissant, mon parangon de jasmin s'est envolé, je me retrouve à stocker... est-ce le cru 2010 de l'IFRA sur le jasmin qui en serait la cause ?
    La prochaine fois, je m'attarderais à deceler une possible différence de qualités entre les flacons cloches et les version 50ml
    /je vaporise mes parfum sur des filtres de café, c'est très fidèle, ça fait éventail, c'est un très bon support

    ---
    Uella, concernant Mitsouko
    Je n'ai qu'une EDT vintage, jamais senti l'extrait vintage.
    Mais j'ai mis la main sur un extrait de Jubilation 25 d'Amouage, et là j'ai compris ce que Turins voulait dire par "~ un chypre ne supporte pas la mauvaise qualité des ingrédients /~ il n'y a rien de meilleur qu'un bon chypre"
    Le jasmin (sucré, si je devais imaginé le jasmin de grasse ce serait ça) et la rose, (et l'iris) font toute la différence, avec tous les chypre que j'ai senti avant, et jub 25 edp même. Donc je pense que c'est comme une erreur, une diversion, que de ne penser que chypre "galbanum + bergamotte + mousse de chêne".
    Il est bien dit que Jacque Guerlain a rajouté beaucoup d'Iris (pallida, ça va de soit), de jasmin, et de rose. Essayer de conjugué ce qu'a d'enchanteur d'étincellant et de soyeux les meilleurs roses et jasmin, le surnaturel du jasmin, une mousse de chêne entre douceur du foin et douce fumée résineuse, voilà...
    Je sors de ma réserve pour révéler que je n'ai toujours pas réussi à aimer Mitsouko actuel EDT EDP extrait, pour être franc je trouve que c'est une horreur, je ne voudrais pas de l'EDT ni de l'EDP comme produit d'entretient, et l'extrait actuel n'a aucun des ingrédient rêvés et la mousse de chêne de remplacement n'a aucun raffinement, elle est monolithique, et persistance. Je suis à 95% prêt à invoquer la radinerie de Guerlain sur toutes les concentrations, bien avant l'épisode de la restriction sur la mousse de chêne.

    (désolé pour les longs messages, je crois qu'il faut que je me fasse un blog :/ )

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  59. Uella, ce qui a fait le succès des parfums Guerlain n'est pas leur côté "voyage" -- TOUT LE MONDE faisait dans l'exotisme à l'époque, mais leur beauté, tout simplement. Et je ne vois pas du tout où tu as pêché que Chypre de Coty était un "exercice de style" qui "ne se vendait pas". Les parfums Coty ont été d'immenses succès qui ont fait de Coty l'un des hommes les plus riches de France, et chacune de ses grandes créations a engendré une descendance nombreuse. Et, oui, La Rose Jacqueminot, L'Origan, Chypre, Emeraude, Ambre Antique, sont encore étudiés.

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  60. Julien, en effet, votre commentaire est beaucoup trop long pour que j'y réponde en détail, mais vous parlez des traités -- plutôt de la Renaissance que du Moyen-âge, d'ailleurs. C'étaient souvent des ouvrages d'alchimistes concernant des techniques d'extraction (notamment la distillation), et les "formules" étaient plutôt des recettes. La circulation du savoir était celle des savants. Mais même les traités de parfumerie du 19ème siècle qui contiennent des formules ne sont pas forcément à prendre pour argent comptant: un parfumeur céderait-il ce qui fait le secret de son succès? A partir du moment où une formule n'est plus une recette que tout le monde refait à sa sauce, elle devient propriété industrielle et donc, on la garde secrète. Secret de Polichinelle à l'époque de la chromatographie en phase gazeuse...

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  61. Bonjour Denyse,

    Votre sens de la répartie alliée à une excellente connaissance de l'histoire de la parfumerie et une vision esthétique, affirmée mais sans dogmatisme, du parfum font réellement plaisir à lire. Et offrent une belle bouffée d'air frais. Merci!!

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  62. Anonyme, merci, vous avez résumé l'esprit dans lequel je tente d'écrire...

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  63. Julien,

    Pour mémoire, Le Parfum de Thérèse a bien été créé par Edmond Roudnitska pour sa femme, et c'est ensuite leur fils Michel (auteur de Noir Epices) qui a permis que ce parfum soit "révélé au public" par l'entremise des Editions de Parfums F. Malle.

    Ce que je voulais dire en comparant N°5 ou Shalimar à (au hasard) une oeuvre de Victor Hugo est que ces parfums (ou leurs formules originales, comme vous voulez) sont passés d'oeuvres avant-gardistes POUR LEUR TEMPS à de grands classiques pour nous. C'est en tout cas la façon dont le commun des mortels (dont je me plais à faire partie)les perçoit, et peu leur importe que la formule ait changé ou non, puisqu'aujourd'hui seule compte l'immédiateté.

    Il est vrai qu'à la différence des oeuvres de Victor Hugo, Chanel ou Guerlain (les "auteurs" ou en tout cas dépositaires des formules) sont toujours là et ont donc encore tous les droits sur elles, dont ceux de les dissimuler et de les modifier.
    En revanche, comme l'a très justement souligné Carmen, les formules ne sont qu'un secret de polichinelle grâce à l'existence de méthodes d'analyse telles que la chromatographie et la spectrométrie de masse.

    Bref, ces considérations ne changent en aucun cas mon point de vue: en matière de parfum comme dans tout autre art, les grandes oeuvres ont toutes eu en leur temps quelque chose de nouveau et d'inédit; elles ont marqué l'histoire dont elles sont à présent des repères.

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  64. Juliette, je me permets juste de renvoyer aux critères que j'ai établis pour les classiques: originalité, fécondité, passage dans le langage social.

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  65. Dans un hebdo féminin de vendredi des pages consacrées au parfum: "Remastérisez vos classiques":
    1 OPIUM et les orientaux
    2 TRESOR et les poudrés fruitiés
    3 L'EAU D'HADRIEN et les eaux fraîches
    4 FEMINITE DU BOIS et les senteurs boisées
    5 ANGEL et les notes gourmandes.
    Voilà ce qui est du langage social.

    Ce qui est intéressant c'est qu'à chaque rubrique correspond une sous-rubrique ("les héritiers") et qu'on y retrouve à peu près tout ce qui se fait de pire dans la parfumerie , à l'exception notable de Boxeuses et d'Iris Ukiyoé.
    Voilà ce qui est de la coexistence difficile de la niche et du mainstream.

    Quelques pages plus loin, dans le même magazine, "Recherche parfum désespérément" et la Boutique Frédéric Malle, Sephora, la Maison Guerlain, et Colette. Et la journaliste retient que le seul échantillon qu'on lui a donné sans achat vient de chez Colette, et est assez ironique sur les tentatives de forcing des vendeuses de Sephora. Et considère que d'aller chez Malle, c'est "placer la barre très haut". Le nom des auteurs est évoqué à plusieurs reprises.
    Et voilà ce qui est de la starisation des parfumeurs.

    Lala.

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  66. Heu...Lala/Narriman (mauvais réflexe...)

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  67. Narriman, Colette donne des échantillons? Je suis en état de choc... Il est vrai que cette politique de radinerie commence à me courir sur le haricot, comme dirait l'homme de la Pampa dans les tontons flingueurs...
    Je ne lis absolument plus les magazines féminins, même pas chez le coiffeur puisque la mienne a son propre studio.
    Cela dit, je trouve tout de même positif qu'un magazine cite le nom des parfumeurs dans la mesure où il est bien que le public se rende compte que ces derniers existent, que le parfum peut être autre chose qu'un produit.

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  68. C'est exactement dans cet état d'esprit que j'ai découvert l'article (on ne va quand-même pas parler de reportage). Je me disais que quand-même, il y avait, dans le grand public, cette recherche de parfums de qualité. Le passage concernant Sephora est assez savoureux et l'auteur de l'article semble avoir été aussi étonnée qu'on lui donne un échantillon chez Colette. Ce qui tranchait par rapport aux "articles" habituels, c'est que le magazine ne s'est pas contenté de reproduire tel quel le communiqué des marques. il s'agissait de retranscrire l'expérience olfactive de cette personne dans ces différents lieux. Et par exemple, elle expliquait pourquoi la note amandée de l'Eau d'Hiver l'empêchait d'être totalement séduite.
    En outre, je viens de découvrir, quelques pages avant et toujours dans le même magazine (oui j'ai eu la faiblesse de l'acheter mais il ne coûte que 1 euro ...),un article "mon dessing parfum" où sont mis en vedette Fleur de cristal de Lalique, l'Eau claire des Merveilles, Bas de soie, Joe Malone, la Maison Francis Kurkdjian, Portrait of a Lady et....L'Heure fougueuse !
    Donc, quasiment une majorité de parfums de niche....
    J'ignore si c'est un tournant, une prise de conscience des magazines grand public, un intérêt porté à ces maisons, ou plus cyniquement l'amélioration de la communication de ces dernières, ou encore les deux à la fois, mais çà me semble assez intéressant, et çà confirme ce que vous exposez dans ces lignes.

    Narriman

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  69. Ensuite, les puristes peuvent pousser des hurlement de voir réunis sur la même photo Vanille Noire d'Yves Rocher et l'Heure Fougueuse...en ce qui me concerne, je ne suis pas puriste donc çà ne me choque pas...
    Narriman

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  70. Narriman, mais tout ça est très bien! Ok, ce ne sont que des nouveautés, donc c'est juste une manière détournée de faire un shopping, mais si la rédactrice parle d'expériences olfactives... c'est vraiment un progrès. Beaucoup de journalistes lisent les blogs et leur influence se fait... sentir!

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  71. Eh oui, je me faisais comme réflexion que c'était plutôt à vous d'écrire ces articles...car il ne fait pas de doute que vous inspirez largement la démarche....fort heureusement, je n'ai pas décelé de plagiat (contrairement à certains blogs qui font plus que piquer vos idées.)

    Narriman

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  72. Narriman, c'est tout le mouvement "blog" qui a déplacé la question, pas moi en particulier.

    Quant à ce qui serait du plagiat, je ne lis pas tout et j'ai relevé seulement deux copiés-collés qui ne sont d'ailleurs pas du fait des blogs parfum.

    Je crois plutôt tout de même que certains parfums "dictent" les conditions dans lesquelles on parlera d'eux parce qu'ils ont un propos fort, ou partent d'un concept, d'un pitch, qui a été bien traduit. A partir de là, difficile de ne pas en parler d'une certaine façon.

    C'est un peu pour ça que je préfère passer la première, car même en m'abstenant de lire un avis sur un parfum sur lequel j'ai l'intention d'écrire, je ne voudrais pas ressasser les mêmes propos que d'autres.
    Par ailleurs, une fois qu'on a lu un avis qui nous éclaire, il est difficile de faire l'impasse sur les idées qui y sont présentées. Voilà, aussi, pourquoi je m'abstiens souvent de parler de choses que j'ai senties et qui ont déjà été visitées ailleurs, car si je n'ai rien d'original à ajouter, ça ne m'intéresse plus forcément.

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  73. @ Julien, qu'insinuez vous quand vous écrivez à propos de Guerlain: "Outre la dévalorisation de la qualité des edt et edp, ce sont les extraits, dans lesquels je lis non pas la volonté de ne plus mettre le prix pour la haute qualité, mais l'incapacité de maintenir le rafinement des compositions, par manque d'inspiration/intelligence plus qu'une question de restriction allergène"? Pensez vous sérieusement que le parfumeur maison ou son adjointe n'ont pas les compétences nécessaires pour préserver des chefs d'oeuvres comme Shalimar ou l'Heure Bleue? Franchement vos propos sont choquants, c'est facile de dénigrer le travail de professionnels qui font très bien leur boulot! Quelles solutions proposez-vous?

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  74. @ Julien concernant Jean Claude Ellena & Frédéric Malle. Vous écrivez: "Je n'aime pas vraiment le style d'Elena, que j'associe à une anorexie, toujours moins de matière, transparence poussé jusqu'aux os, peu de vibration". Mais n'est ce pas le propre, la vocation de toutes les eaux fraîches que d'être "transparentes"? En plus je trouve que parmi les 3 parfums en question Bigarade Concentrée offre une "vibration" vraiment intéressante: le côté épicé et chaud contrastant avec la fraîcheur et l'amertume de l'orange. Et puis, Eau d'Hiver est loin d'être "anorexique"! Je trouve que ce parfum offre une jolie alternative à toutes les gourmandises lourdingues qui inondent le marché.

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  75. @ Julien. A propos de Serge Lutens vous écrivez: "plus de la moitié des parfums sont plus des étrangetés intéressantes plutôt que des parfums que je dirais bons". Alors là c'est le bouquet, mon conseil: ne lancez pas un blog, lancez votre marque!

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  76. Anonyme, j'avoue que les commentaires de Julien étaient si longs que je j'ai pas eu le courage de relever tous les points sur lesquels il aurait fallu discuter. J'ai suffisamment écrit, en long, en large et en travers, l'estime que j'avais pour les maisons de Frédéric Malle et de Serge Lutens. Quant à Guerlain, je pense réellement que s'il y a un changement dans les produits, il s'agit d'un problème réglementaire (LVMH est d'ailleurs encore plus strict sur ce point que l'IFRA), éventuellement de question de fournisseurs de matières premières.
    Enfin, je n'ai pas relevé ce que Julien dit au sujet du Parfum de Thérèse, que je considère comme l'un des grands parfums du siècle... pareil, parce que j'ai déjà dit tout le bien que j'en pensais.

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  77. Anonyme ( ce serait bien que vous ne le restiez pas :)))), je ne suis pas forcément d'accord avec tout ce que vous dites, mais je partage votre sentiment ainsi que celui de Denyse. Cela fait un petit moment que je ne suis plus vraiment sensible aux parfums Lutens (aux derniers) mais je leur reconnais une qualité et une originalité certaines et j'attends toujours une sortie annoncée avec impatience. Quant à Malle, no comment: je ne me vois pas porter le Parfum de Thérèse, mais quelle beauté ! J'ai fait découvrir à une amie ces parfums, et depuis elle ne sent plus le sien de la même façon, elle le trouve vulgaire. Elle a découvert un autre monde, qu'elle ne quittera plus désormais. Je suis en revanche plus réservée sur LVMH (Guerlain), non pas tant sur les reformulations que sur les déclinaisons commerciales et mièvres des chefs d'oeuvres de la maison. Sans compter que Sephora, c'est LVMH aussi, et que ces endroits sont ce qu'il y a de pire pour les parfums...et la culture du parfum.
    Narriman
    PS: Denyse, la vendeuse a donné un échantillon de Carnal Flower à cette amie, qui l'a elle-même donné à son associée, qui se mariait le lendemain. Coup de foudre. La personne en question m'a envoyé un message pour me dire que le souvenir olfactif de son mariage serait Carnal Flower (qu'elle portera désormais) et que j'avais, sans le savoir, été une sorte de trait d'union. Cette magie, je vois mal "Shalimar Ode à la vanille" pouvoir la créer...

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  78. Narriman, le phénomène "flankers saisonniers" n'est pas le seul fait de Guerlain, c'est la logique du marché qui y pousse tout le monde... y compris les clientes qui entrent dans une parfumerie en demandant "quoi de neuf"?

    Et je suis ravie que Carnal Flower ait été l'empreinte olfactive d'un mariage grâce à vous -- comme quoi, la tubéreuse...

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  79. Oui, mais quand-même...je vois mal un "Carnal Flower Summer Water Ode à l'Eucalyptus" !
    Je suis très agacée par cette tubéreuse qui n'aime pas ma peau, moi aussi j'ai envie d'enivrer autour de moi !!!
    Narriman

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  80. carmen, j'ai assez d'experience pour savoir que le succes de Mitsouko etait une version amelioree qui a surpasse le Chypre de Coty.
    Francois Coty etait un homme d'affaires controverse qui n'avait pas qu'une corde a son arc, il a fait fortune pas le biais de diverses entreprises (magnat de la presse, la haute finance) et non pas seulement grace a ses parfums. Pour le reste, n'oublions pas qu'il etait aussi un homme politique d'extreme droite qui idolatrait le fascisme. La fortune ne dura qu'un temps, il est crible de dettes avant de mourir ruine.

    La beaute des parfums Guerlain oui bien sur mais comme le dit Pierre Cardin, _Des belles robes il y en a partout!, il doit son enorme succes a son esprit visionaire et sa comprehension de l'importance du marketing.
    Tout le monde faisait et fait encore dans l'exotisme autant que tout le monde fait dans la vulgarisation croissante de la putasserie en parfumerie (controverse pub parfum de Beyonce). La beaute seule d'un parfum n'est pas suffisante pour vendre. Meme les parfumeurs confidentiels se vautrent dans des creations qui reposent sur l'exotisme et l'evasion, le dernier en date, Traversee du Bosphore. Les parfumeurs ne sont pas pres d'en finir avec l'invitation au voyage.

    J'ai profite de mes jours off pendant la fete de l'Action de Grace aux Etats-Unis (ou du genocide des amerindiens, tout depend du point de vue personnel) pour me rendre aux stand Frederic Malle, c'etait le vendredi dit "noir". J'ai eu le droit a la moitie de la gamme en echantillons gratuits (certainement parce que je venais d'acheter mon shampooing d'Aesop a 50 dollars).
    Ce weekend a ete consacre a deux tests, Carnal Flower et Portrait of a Lady. La premiere demi-heure de Carnal Flower est je l'avoue exceptionnelle, par contre en fond le parfum perd de sa complexite, j'avais envie que la magie dure plus longtemps, bien que le parfum soit tres beau de toutes facons. Desormais je ne dirai plus qu'il n'y a pas qu'Une Fleur de Cassie chez Frederic Malle ;-) Je n'ai pas du tout aime Portrait of a Lady, la, juste une histoire de gout, je ne juge pas de son execution ni de la qualite des matieres premieres.
    Je suis repassee au corner Cartier pour recuperer des echantillons de L'Heure Fougueuse et de l'Heure Diaphane, en vain. L'Heure Diaphane semble faire l'unanimite des vendeurs, ils sont tres excites par les perspectives commerciales de ce parfum. Le lancement de L'Heure Diaphane se fera en mars 2011, il sera vendu comme le parfum d'ete.

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  81. Narriman, il faut se faire à l'idée que vous n'êtes pas une femme tubéreuse... comme je ne suis pas une femme jasmin.

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  82. Uella, ravie que tu ais découvert les beautés de Carnal Flower, qui est devenu pour moi la tubéreuse de référence.
    Quant à Coty... sa fortune lui venait bel et bien du parfum, c'est la presse qui l'a ruiné! Mais pour ce qui est de l'importance des formes qu'il a créées, tous les parfumeurs sont d'accord. Coty est le véritable visionnaire du début du 20ème siècle: dommage qu'il soit allé s'aventurer dans la politique... C'est, par ailleurs, son divorce qui l'a ruiné.

    Quant à l'exotisme, je ne pense pas que les parfums s'y "vautrent": il fait partie de l'ADN du parfum depuis des siècles, puisque les matières premières avaient souvent des origines lointaines. Depuis le 19ème siècle, l'industrie a "codé" cette référence, mais elle remonte à bien plus loin. Comme pour la mode, où l'appropriation de détails ou de styles exotiques s'est faite de tous temps: c'est le propre du commerce que de les brasser.

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  83. Un échantillon chez Colette? Je me demande bien comment la journaliste de Grazzia a fait... Ils n'en ont absolument jamais et quand je suis passé pour le lancement de Untitled (alors en exclusivité) ils n'en avaient pas * ou ont prétendu ne pas en avoir * alors que j'étais intéressée... De plus j'ai rarement vu des "conseillères" parfum aussi molles, peu aimables et pas spécialement calée en parfumerie que chez Colette. C'est vraiment un des pires endroits pour choisir son parfum à Paris. Dommage que certaines marques (pas les plus belles heureusement) choisissent Colette (je les trouve bien meilleurs sur la mode et les petits objets design, non?) Pour terminer sur du positif, bravo à vous Carmen pour votre blog que j'ai découvert depuis 1 mois! Bien cordialement, Amélie

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  84. Amélie: bienvenue, merci et... oui, fichtre, un échantillon chez Colette, c'est du jamais vu. En effet, ce n'est pas le meilleur endroit de Paris pour acheter, et le fait qu'il faille demander ses mouillettes (peut-être cela a-t-il changé depuis) est un peu lassant. Mais bon, en effet, on y trouve souvent des produits intéressants en avant-première, donc on se plie...

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