dimanche 11 mai 2008

Le trou du musc (III) : C16 d'Indult

J’aurais voulu être plus diserte sur le nouveau C16, hommage de Francis Kurkdjian au musc Tonkin – la plus précieuse des teintures de musc naturel. Mais ma rencontre avec le quatrième parfum d’Indult, vendu en exclusivité chez Colette à 213 exemplaires (213 rue St-Honoré étant l’adresse de la boutique), a été assez brève.

Le jeune vendeur préposé au rayon parfumerie m’a d’abord précisé que « sur carton, ça ne donnait rien ». Puis il a daigné m’asperger le bras d’un pschitt assez parcimonieux, en m’expliquant que je devais attendre cinq minutes pour sentir quoi que ce soit.
Tout au plus puis-je préciser que j’ai décelé de l’ambrette dans les notes de tête, ce qui semble tomber sous le sens : C16 est bâti autour de l’Ambretone de Takasago, le fabricant japonais de molécules odorantes qui emploie dorénavant Francis Kurkdjian – le « C16 » représente la chaîne des seize atomes de carbone de la formule, C16H280.

Au bout d’une quinzaine de minute, l’eau de parfum évolue vers une facette un peu métallique, effectivement présente chez certains muscs synthétique. Cette note vaguement ferreuse, avec presque un arrière-goût de sang, reste discrètement présente tout au long d’un développement assez succinct. Mais il s’agit peut-être, une fois encore, d’une anosmie partielle à certains composants musqués : l’amie qui m’accompagne m’affirme ne pas l’avoir senti.
Écartant résolument toute référence orientaliste, C16 joue finement des facettes diverses du musc – du « blanc » à l’animal en passant par les accents floraux de l’ambrette – sur un mode minimaliste.
Pour le peu que j’en ai senti – d’échantillon, point – il m’a semblé très beau et assez diffusif. Mais mérite-t-il autant de rareté ?

Le principe d’exclusivité d’Indult m’a toujours un peu agacée. Les trois premiers parfums, produits à 999 exemplaires, sont toujours disponibles dans certains Sephora un an après leur lancement, ce qui laisse supposer soit qu’ils se sont très peu vendus, soit que plus de flacons ont été fabriqués qu’on ne l’a d’abord indiqué… Ma réaction est la même que pour la très belle vanille d’Indult, Tihota : 150 euros les 50 ml, c’est cher payé le «soliflore».

Image: Ambrette, courtesy http://www.ars-grin.gov/

4 commentaires:

  1. Dommage que le vendeur ait ete si parcimonieux avec le pschitt - mais ca ne me surprend pas de Colette, un endroit absolument abominable pour essayer des parfums (trop a l'etroit, trop bruyant). Le parfum quand meme semble prometteur, mais c'est vrai que le prix est assez dissuasif..... dommage.

    RépondreSupprimer
  2. En effet, Colette propose plusieurs parfums potentiellement intéressants en exclusivité (dont la ligne Le Labo) mais n'est pas du tout agencé pour les essayer. D'autant qu'il possède son propre parfum d'ambiance. J'aime énormément le travail de Francis Kurkdjian et j'aurais préféré tester sa composition dans de meilleures conditions. L'idée qu'il n'en existe que 213 flacons est également assez dissuasive: cela crée une espèce d'urgence, et je n'aime pas choisir dans l'urgence.

    RépondreSupprimer
  3. J'adore FK aussi - je crois que c'est lui qui a fait Promesse de l'Aube et Enlevement au Serail pour parfums MCDI, qui sont superbes. Un jour quand j'aurai $235 de rab je m'en acheterai une bouteille. :-)

    Plus que 2 jours avant l'arrivee de Mlle. Jicky!!!

    RépondreSupprimer
  4. J'aimerais bien essayer les MCDI. Ils sont tellement chers que j'ai peur de les aimer!
    Et, oui, plus que deux jours avant d'avoir ma petite minette, enfin!

    RépondreSupprimer