jeudi 16 mai 2013

Parfums, une histoire intime: un livre où le parfum passe aux aveux (et le tirage au sort d'un flacon de Séville à l'aube)



Voilà. Ça y est. Le livre publié en anglais l’an dernier sous le titre The Perfume Lover, A Personal History of Scent, est dès aujourd’hui disponible dans sa version française : Parfums, une histoire intime, aux Presses de la Cité.

Une traduction assurée par mes soins, puisque la traduction est tout de même mon métier. Ou plutôt  une réappropriation du texte qui m’a permis de modifier certains passages lorsque mon opinion avait évolué entretemps, et d’en peaufiner d’autres. Traduttore, tradittore, disent les Italiens, et on n’est jamais mieux trahi que par soi-même. Ce passage d’une langue à l’autre a subtilement modifié le ton, la teneur de l’écriture.

Mais la traduction a de toute façon fait partie de ce livre d’entrée de jeu. Si je l’ai d’abord écrit en anglais parce que c’est un agent littéraire anglais qui m’a sollicitée, j’y avais exprimé une pensée française. C’est-à-dire un certain rapport culturel à la sensualité mais aussi au savoir – jamais de philosophie sans boudoir, ou de boudoir sans philosophie.

Parfums, une histoire intime relève de ce qu’on appelle en anglais de la narrative non-fiction qui, comme son nom l’indique, est une narration, mais pas une fiction. Un livre-document raconté à la première personne, qui infléchit le reportage et l’essai vers l’autobiographie. Là, pour le coup, c'est bien d'une influence anglo-saxonne qu'il s'agit: plus précisément des reportages gonzo des années 60/70 aux USA, héritage de mes débuts comme critique rock à Montréal en pleine époque punk. Donc d'une traduction vers le français d'un esprit nord-américain.

Un livre qui participe de plusieurs genres, donc impur. Comme son objet, d’ailleurs – à la fois art et commerce, érotique et sacré, futile et lié à l’identité. Ce type d’écriture se prête particulièrement bien au thème du parfum qui, s’il n’est pas entièrement une question de subjectivité – il y a du savoir, et ce savoir peut se transmettre – n’en reste pas moins d'autant plus intimement lié au sujet écrivant qu'il s'agit d'une création n'existant que pour être interprétée. Et la seule forme de parure qui nous pénètre par-delà la peau.

En cela, le parfum correspond bien à l’un des définitions d’« intime » données par le Littré : « Terme de physique et de chimie. Qui pénètre, agit dans l'intérieur des corps et dans leurs molécules. » Intime, aussi bien, comme ce « qui est le plus au-dedans » : le livre développe le processus de création d’un parfum, vu de l’intérieur. Intime, enfin, comme on le dit d’un journal… non pas celui d’un parfumeur, mais celui d’une amoureuse du parfum.

Comme certains d’entre vous le savent déjà, le fil rouge de Parfums, une histoire intime, est l’histoire de la création de Séville à l’aube par Bertrand Duchaufour pour L’Artisan Parfumeur. Un parfum né non d’une commande, mais d’un souvenir de voyage que j’ai raconté à Bertrand. Il faut dire que cette nuit de Semaine Sainte à Séville dans les bras d’un bel Andalou était particulièrement odorante : fleur d’oranger, encens, cierges en cire d’abeille, eaux de cologne de la foule, tabac blond…

Le livre et le parfum se sont donc composés en même temps. Bertrand Duchaufour a accepté de me dévoiler son processus de création avec une transparence inédite ; mieux encore, de m’y faire participer tandis que j’en rédigeais la chronique.

Mais au fur et à mesure de cette double écriture, d’autres récits se sont imposés. La création de Séville à l’aube m’a donc menée à raconter ce qui, dans ma propre histoire, avait suscité cette histoire-là, ce parfum-là, cette situation: me retrouver dans le labo d'un parfumeur qui traduisait l'un de mes souvenirs en odeurs. 

De là, j’ai rebondi sur toutes sortes d’autres questions, qui m’ont permis d’ouvrir le champ sur l’histoire, la science, les créateurs… Mini-essais, incursions dans les coulisses de l’industrie, rencontres – Serge Lutens, Dominique Ropion, Annick Menardo, Christian Astuguevieille (Comme des Garçons), Pamela Roberts et Marie Dumont (L’Artisan Parfumeur), Antoine Lie, Mathilde Bijaoui, Isabelle Doyen… Et une incursion magique à Sainte-Blanche, le domaine d’Edmond Roudnitska, où Séville à l’aube a été produit….

Dans le monde anglo-saxon, les amoureux du parfum empruntent souvent une image à Lewis Carroll, pour dire qu’ils sont, comme Alice, « tombés dans le terrier du lapin » lorsqu’ils sont entrés dans ce monde.Et c’est encore comme Alice que j’ai « traversé le miroir » pour écrire Parfums, une histoire intime. J’espère que vous m’accompagnerez dans ce voyage.



Et maintenant, la bonne nouvelle : L’Artisan Parfumeur a eu l’amabilité de me fournir un flacon de Séville à l’aube à tirer au sort. Pour y participer, il vous suffit d’acheter le livre (ce que vous pouvez faire sur Amazon en cliquant ici) et de laisser un commentaire. Le gagnant devra me fournir une preuve d’achat. Veuillez noter toutefois que ce tirage au sort est exclusivement réservé aux personnes habitant en France. J'annoncerai le gagnant le 23 mai le 16 juin (histoire de permettre aux personnes achetant le livre lors de séances de dédicaces de participer).

56 commentaires:

  1. Moi, je joue !
    De la lecture et des odeurs, que demander de mieux ? âme et sens réconciliés !

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  2. Je serais heureux de participer, tout ceci me paraît excellent pour aller plus loin, au-delà de la lecture de votre excellent blog!
    William

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  3. Céline Ophelia17 mai 2013 à 11:46

    Bonjour, je souhaiterais jouer, j'ai déjà le livre mais en anglais... est-ce que ma participation peut compter malgré tout ? (j'habite en France).
    Merci !

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  4. William, en effet, vous verrez que le livre ne fait pas redite par rapport au blog (certains passages reprennent des éléments que j'y ai publiés, mais pas tant que ça)... Merci en tous cas de votre vote de confiance!

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  5. Bonjour Denyse,
    acheté hier, commencé dans la foulée. C'est enlevé, instructif, très toi en somme. J'ai hâte d'avoir une dédicace. A bientôt

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  6. Rebecca, je pense aussi! ;-)
    Pour la dédicace, avec grand plaisir. J'aurai une séance chez Liquides, rue de Normandie, ce jeudi 23 de 17h à 21h. D'autres sont prévues ou en cours de confirmation, je les annoncerai au fur et à mesure ici même. J'espère que l'une d'entre elles ne t'obligera même pas à te déplacer, mais ce n'est pas encore verrouillé.

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  7. Bien évidemment, le livre est commandé... j'ai hâte de le lire !

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  8. Thierry, tu apporteras ton exemplaire jeudi!

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  9. c'est commandé sur amazon!
    J'espère gagner le parfum pour illustrer cette belle histoire...avec l'avant goût que j'ai eu lors de la conférence à la SAO...cela ne peut être qu'excellent...

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  10. j'aime beaucoup le "dévorer Derrida avant déjeuner et avoir encore assez d'appétit pour une bouchée de Lacan" !
    Je tente ma chance moi aussi pour agrémenter la suite de ma lecture (mais en restera-t-il?) par quelques effluves de vos souvenirs.
    SirVetiver

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  11. J'ai hâte de lire votre livre Denyse et il est enfin commandé. Donc oui, oui et oui je participe au jeu!!
    Il y a à peu près un an, je découvrais l'odeur de Séville à l'Aube, après avoir insisté auprès d'un vendeur de l'Artisan Parfumeur. Cette odeur m'avait tellement transportée que j'étais restée scotchée à mon poignet toute la durée de mon trajet en rer, et je crois d'ailleurs vous l'avoir raconté. Ce parfum a rangé l'été dernier "Songes" au placard (mon parfum de vacances jusqu'à présent). A tel point, qu'il ne m'en reste plus beaucoup dans mon flacon (que j'ai acheté à sa sortie). Malheureusement, il me sera très difficile de me rendre à votre dédicace, alors j'en profite pour vous dire merci ICI et si jamais j'ai la chance d'être la gagnante du tirage au sort, n'hésitez pas à me dédicacer le flacon…
    Véronique

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  12. Sir Vétiver, merci, et votre participation est bien notée!

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  13. Véronique, comme vous le savez sans doute, moi aussi j'adore Songes! Je suis ravie que vous ayez fait cet honneur à Séville à l'aube, et bien entendu je poserai ma griffe sur l'étui!

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  14. Bonsoir, je serais heureuse de pouvoir y participer en tant que future élève de l'Ecole Supérieur du Parfum (Paris), et fraichement détenteur de votre livre !

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  15. Ce commentaire a été supprimé par son auteur.

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  16. Yayoï, je suis ravie de vous faire participer!

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  17. Ce commentaire a été supprimé par un administrateur du blog.

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  18. A la personne qui a laissé le commentaire supprimé: ma politique est de ne pas accepter les commentaires comportant des liens commerciaux, que je considère comme du spam. Désolée!

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  19. alors, alors, qui a gagné ? Le 23 mai est passé, qui votre félin a t-il de sa griffé désigné ?

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  20. Oups! Pardon! En fait, j'ai repoussé la date du tirage au sort jusqu'au 16 juin pour laisser à d'autres personnes l'occasion de participer, mais dans l'agitation du lancement (plus un reportage de quelques jours à Grasse) je n'ai pas songé à modifier ce billet. Mille excuses!

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  21. J'espère pouvoir trouver ton livre à Montréal cet été! J'ai hâte de le relire en français. :-)

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  22. Bonne surprise : je pensais la date dépassée et je découvre qu'elle est repoussée. Entre-temps j'ai reçu le livre ( tsss j'en avais tellement envie et depuis si longtemps que maintenant je n'arrive pas à l'ouvrir et le lire... envie de savourer ce moment, le posséder, le voir : l'attente a changé de sens maintenant que je l'ai entre les mains !! )
    Enfin est-ce que je peux vraiment participer, je ne sais pas, ce livre est un cadeau d'une amie et je n'ai rien qui s'apparente à une facture bien sûr. ?
    Alizarine

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  23. Alizarine, mais bien sûr que vous pouvez participer, manquerait plus que ça! Et merci pour vos gentils mots.

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  24. Ce commentaire a été supprimé par son auteur.

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  25. Chère Carmen,

    Le livre acheté,
    Une délicieuse dédicace obtenu si facilement si gentiment,
    Une flûte de champagne, une tranche de belotta et un fumet d'indol sur une mouillette plus tard.... Il ne me reste plus qu'à JOUER !
    Ainsi soit il... Les dès sont jetés...
    Votre dévoué... Lecteur
    Gabriel

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  26. C'est quand même spécial d'organiser un jeu et d'en changer les règles au fil du temps...

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    1. Anonyme, je suis désolée de frustrer votre impatience, mais comme je l'ai dit plus haut il m'a semblé préférable de donner aux internautes un délai moins court pour décider de leur achat, puis éventuellement de se procurer le livre.

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  27. Ou alors pourrait-on dire que vous avez préféré rentabiliser l'attrape-client que vous mettez en jeu car vous trouviez qu'il n'y avait pas eu assez de monde pour acheter, jusqu'à présent, votre livre, par ailleurs fort bon.. C'est assez peu fair play quand même !

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  28. J'ai une amie de longue date, par ailleurs très drôle et généreuse, qui est incapable de laisser tomber une discussion, même lorsqu'elle porte sur des enjeux franchement minimes. Si vous aviez une prise de bec avec elle, je ne saurais pas sur qui parier. C'est la seule amie à qui j'ai jamais raccroché au nez. Impossible dans ce monde virtuel, mais tout de même: on arrête là, vous voulez bien?

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  29. Je ne doute pas que je pourrais être votre amie !
    En même temps vous répondez si bien, avec un bel exemple, que ça ne donne en effet pas tellement envie de s'arrêter...Votre amie elle aussi doit apprécier votre verbe, et je la comprends, votre livre est réjouissant. Vous êtes en effet assez spirituelle, bien que peu fair play, c'est dommage, voilà tout..
    En tout cas merci de ne pas m'avoir censuré en effaçant mon message, cette fois ! hum..

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  30. Finissons donc sur cette citation de Baudelaire: "Parmi l'énumération nombreuse des droits de l'homme que la sagesse du XIXe siècle recommence si souvent et si complaisamment, deux assez importants ont été oubliés, qui sont le droit de se contredire et le droit de s'en aller."

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  31. Je salue votre culture qui vous permet de bien maîtriser certains auteurs.
    C'est pour cela que malgré tout j'apprécie votre blog qui relève le niveau de la littérature parfumée ou même dirais-je parfumante.

    Vous êtes plus classe quand vous citez Baudelaire que lorsque vous censurez ou adaptez les règles à votre convenance !

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  32. Bon, alors cette fois, artillerie culturelle lourde: je suis sur le point d'assister à une représentation du Pierrot lunaire de Schoenberg. J'exerce donc le droit baudelairien de m'en aller pour la soirée!

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  33. Allez, je tente ma chance. On peut acheter le livre ailleurs que sur Amazon, j'espère ? (je préfère ma ptite librairie de quartier, ne m'en veuillez pas...)

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  34. Aaricia, ce n'est pas moi qui jetterai la pierre aux gens qui soutiennent les vrais libraires, bien au contraire! Je ne sais pas si le livre est dispo partout, mais il est distribué par un grand circuit, donc vous pouvez certainement le commander à votre libraire.

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  35. Je participe avec plaisir (et j'ai hâte d'entamer la lecture).

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  36. Bonsoir Denyse,
    Je tente également le coup! Un flacon de Séville à l'Aube me ravirait! (J'ai bien entendu fait l'acquisition du livre, très agréable à lire).

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  37. Bonsoir Anonyme: un prénom ou un pseudo, ça serait mieux... heureuse que la lecture vous plaise!

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  38. Mille excuses pour cet oubli! Mon prénom est Hélène, j'espère que je suis la seule, dans ce concours à le porter!

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  39. Bonsoir Madame,

    Comme c’est beau de rendre éternelle, en l’écrivant, et en la figurant en parfum, une rencontre amoureuse inoubliable !
    Quelle grâce ce coup de foudre durant la semaine sainte, sous le charme de la ville, des volutes d’encens, des parfums de cierges, avec la fraîcheur de l’eau de cologne des Sévillans, la joie du vin, le plaisir du tabac et l’envoûtement des orangers en fleurs!
    J’ai beaucoup aimé votre livre qui m’a permis d’en savoir davantage sur le développement d’un parfum, le travail d’un parfumeur et d’une évaluatrice/co-auteur. D’autant que ce sont des métiers qui me font rêver !
    Merci beaucoup d’avoir partagé ce moment d’amour, et votre passion des parfums, à travers ce livre, avec vos lecteurs. Je vais vite me rendre chez l’Artisan parfumeur pour découvrir Séville à l’aube !

    Bon week-end,

    Delphine

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  40. Delphine, comment vous dire à quel point vos mots me touchent ? C'est à moi de vous remercier d'avoir lu, compris et aimé mon livre. J'espère que vous aimerez aussi le parfum.

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  41. J'ai moi aussi préféré acheter votre livre via mon petit libraire ...
    J'ai hâte de me jeter dans ses pages en odorama !

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  42. Pochako, je vous comprends! Je préfère acheter en librairie aussi toutes les fois que c'est possible.

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  43. J'ai décidé de jouer aussi ! Déjà parce que j'adore Séville à l'aube : c'est une réussite esthétique et olfactive car en plus d'éprouver une joie olfactive intense en portant SALA, je le trouve intéressant, innovant, respectueux de la parfumerie. C'était clairement une des meilleures sorties de 2012 ;)

    Ensuite parce que j'ai fini ton livre et que j'ai vraiment, vraiment adoré. C'est une histoire qui tire vers le haut la parfumerie et la passion de la parfumerie, qui pose le parfum comme sujet à réflexion (une chose que j'adore : problématiser le parfum. C'est génial, puissant et pertinent).

    Encore bravo :D ! Et vivement le 16 juin !!

    J.

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  44. Jicky, je rougis! Merci, merci, je suis vraiment heureuse que le livre et le parfum t'aient autant plu. La réflexion va se poursuivre!

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  45. Ah ah j'espère bien ^^
    (En soi, j'ai plein de questions à te poser !)

    Bises,
    J.

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  46. le 16 juin est passé..
    Allez, serais-je vilaine pour le souligner ? Oui !

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  47. Le 16 juin s'est terminé à minuit. Un tirage au sort, ça a lieu *après* la date limite. Annonce du résultat programmée pour midi.

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